Commissie voor de Buitenlandse Betrekkingen

Commission des Relations extérieures

 

van

 

Woensdag 13 december 2017

 

Namiddag

 

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du

 

Mercredi 13 décembre 2017

 

Après-midi

 

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La réunion publique de commission est ouverte à 15.07 heures et présidée par Mme Kattrin Jadin.

De openbare commissievergadering wordt geopend om 15.07 uur en voorgezeten door mevrouw Kattrin Jadin.

 

La présidente: Chers collègues, je souhaiterais commencer puisque M. le ministre nous fait l'honneur de sa présence de manière très ponctuelle.

 

Les questions jointes n° 21511 de M. Flahaux, n° 21757 de M. Maingain et n° 22486 de M. Crusnière sont reportées. Si les collègues n'y voient pas d'inconvénient, je propose de poser ma question n° 21521 depuis mon siège de présidente. (Assentiment)

 

01 Question de Mme Kattrin Jadin au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la politique migratoire européenne" (n° 21521)

01 Vraag van mevrouw Kattrin Jadin aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "het Europese migratiebeleid" (nr. 21521)

 

01.01  Kattrin Jadin (MR): Monsieur le ministre, au terme des récentes élections autrichiennes – je rappelle que ma question date du 18 octobre – Sebastian Kurz est en position de devenir le plus jeune chancelier de l'histoire de l'Autriche. Son parti chrétien conservateur, le ÖVP, a été crédité de 31 % des suffrages et n'a pas hésité à prendre des mesures fermes en termes de politique migratoire, au détriment des instruments mis en place par l'Union européenne.

 

Ma question était donc de savoir si des discus­sions ont eu lieu sur une révision éventuelle de la politique migratoire au niveau des différents sommets européens en conséquence de ce suffrage et si, en termes de politique migratoire, nous renégocions au niveau européen avec certains pays, notamment la Turquie.

 

01.02  Didier Reynders, ministre: Le traité de Lisbonne stipule que l'Union européenne doit constituer un espace de liberté, de sécurité et de justice dans lequel les droits fondamentaux sont pleinement respectés. Le Conseil européen de juin 2014 a défini les orientations stratégiques en matière de migration et précisé que cette politique devrait être évaluée. L'évaluation est en cours. La présidence estonienne, qui se termine, effectue cette évaluation à mi-parcours en trois étapes. Lors du Conseil Justice et Affaires intérieures du 12 octobre dernier, un échange de vues a eu lieu entre les ministres de l'Intérieur et de la Justice. Le 8 novembre, un séminaire informel était organisé, auquel un large éventail d'acteurs était invité. Ces deux événements forment la base d'une synthèse que la présidence estonienne remettra par lettre au président du Conseil européen, avant le Conseil européen qui se tiendra les 14 et 15 décembre prochains, soit demain et après-demain.

 

À noter aussi que le thème de la migration est inclus dans le programme des dirigeants qui a été adopté par le Conseil du 20 octobre dernier. L'objectif de ce programme de travail concret est d'orienter l'action de l'Union européenne au cours des deux prochaines années. Une discussion "migration", la voie à suivre concernant les dimensions intérieure et extérieure, est à nouveau prévue au Conseil européen de décembre, donc dans les deux jours à venir.

 

La Belgique participe aussi activement aux efforts déployés pour parvenir à une refonte fondamen­tale du système européen commun d'asile sur la base des propositions de règlement de la Commission. Les réformes envisagées concer­nent une plus forte harmonisation de tous les aspects de l'acquis "asile", comme des conditions de réception, de qualification, de procédure.

 

En ce moment, la révision du règlement de Dublin reste la partie la plus délicate, avec notamment la question d'une solidarité imposée aux États membres dans des circonstances exceptionnelles. La Belgique soutient l'ambition de parvenir à un accord politique sur l'ensemble de ces instruments pendant la première moitié de 2018 sous la présidence bulgare.

 

En fait, nous avons fortement progressé dans la politique extérieure en matière migratoire: dans les contacts avec les pays d'origine, les pays de transit, on y reviendra tout à l'heure, mais aussi dans le contrôle des frontières extérieures de l'Union. Par contre, le volet intérieur de cette politique migratoire, c'est-à-dire la politique d'asile et la révision de la politique d'asile, reste un dossier particulièrement complexe, qui ne fera probablement pas l'objet de conclusions lors du Conseil des deux prochains jours, mais fera bien l'objet d'un débat.

 

La politique migratoire entre l'Union européenne et la Turquie est régie par la déclaration UE-Turquie conclue le 18 mars 2016. L'exécution de cette déclaration a eu un effet positif sur les flux migratoires et a dès lors diminué la migration irrégulière vers l'Union européenne venant de la Turquie. La Commission évalue régulièrement la mise en œuvre de cet accord. Le dernier rapport date du 6 septembre 2017. Étant donné que la mise en œuvre de cet accord est toujours en cours, il n'est actuellement pas question de renégocier la déclaration UE-Turquie. Nous avons eu, hier, une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne et les pays candidats. On a, bien sûr, rappelé le gel actuel de toute négociation avec la Turquie sur l'adhésion. Mais ça n'empêche évidemment pas que nous continuons à être en contact sur des volets sécuritaires ou sur des volets migratoires parce que la situation le nécessite.

 

En ce qui concerne la mise en place de nouveaux gouvernements, que ce soit en Autriche, en Allemagne, ou ailleurs, il faut évidemment attendre la définition précise des programmes avant de pouvoir réagir aux actions ou propo­sitions qui seront formulées par ces différents gouvernements.

 

01.03  Kattrin Jadin (MR): Merci beaucoup, monsieur le ministre. Il y a donc encore beaucoup de discussions à venir.

 

Het incident is gesloten.

L'incident est clos.

 

02 Vraag van mevrouw Fatma Pehlivan aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de visvangst voor de West-Afrikaanse kust door de vissersvloten van de EU-landen" (nr. 21441)

02 Question de Mme Fatma Pehlivan au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la pêche sur les côtes d'Afrique de l'Ouest par les flottes de pêche des pays de l'UE" (n° 21441)

 

02.01  Fatma Pehlivan (sp.a): Mijnheer de minister, de EU is de meest welvarende regio ter wereld en is een belangrijk handelsblok.

 

Een handelsakkoord met de Europese Unie wordt vaak voorgesteld als een bijna gegarandeerde bron van rijkdom en voorspoed. In die optiek is het voor een arme West-Afrikaanse staat zoals Sierra Leone op papier heel voordelig om een visserijakkoord te sluiten met de Europese Unie. Het land zou daarmee het negende zijn in de regio dat dergelijk akkoord sluit met de EU. Europese rederijen krijgen dan het recht om op grote schaal te vissen in de nationale wateren.

 

Het probleem is echter dat die visserijakkoorden een grote impact hebben op de visbestanden en de lokale economieën. Soorten vis die vroeger overvloedig te vinden waren, zijn welhaast volledig verdwenen. Hele gemeenschappen van vissers in West-Afrika verliezen daardoor ook hun inkomen. De manier waarop die akkoorden worden ingevuld en nageleefd, is ook van bedenkelijke aard. In MO Magazine stond dat er opzettelijke vaagheden in de akkoorden werden ingeschreven, waardoor het aantal vissen waarop mag worden gevist, fel wordt uitgebreid, zonder medeweten van de Afrikaanse landen. Er stond ook dat er verschei­dene gevallen zijn vastgesteld van Europese vissers die doelbewust naar haaien visten omwille van de haaienvinnen, ondanks het Europees verbod daarop uit 2003.

 

Mijnheer de minister, u hbt België geëngageerd in de cleanseascampagne om vervuiling van de zee te bestrijden, maar als de Europese Unie de visbestanden zo uitput, wordt dit een maat voor niets.

 

Ten eerste, waarom weigert de Europese Unie om ofwel zelf controle uit te voeren op de visserij­vloten in Afrika ofwel de gevraagde ondersteuning te bieden aan Afrikaanse landen om zelf de controle te verrichten?

 

Ten tweede, weet u hoeveel Belgische bedrijven er betrokken zijn bij de visvangst aan de West-Afrikaanse kust?

 

Ten derde, hoe zal België, als deel van zijn engagement voor het behalen van de SDG 14, duurzame benutting van de oceanen, zich opstellen omtrent de oproep voor transparantere visserijakkoorden met West-Afrika?

 

02.02 Minister Didier Reynders: Mevrouw de voorzitter, mevrouw Pehlivan, de EU-partnerschaps­overeen­komsten op visserijvlak bieden de lidstaten vangstmogelijkheden aan in de wateren van derde landen. Alleen voorzien de overeenkomsten uitsluitend in de afgifte van visserijvergunningen voor de exploitatie van overtollige mariene visbestanden van de partnerlanden. Het partnerschap behelst een financiële vergoeding van de EU, waarvan meer dan de helft bestemd is voor de ontwikkeling van de visserijsector in het betrokken derde land. Tal van partnerschaps­overeenkomsten voorzien in technische steun aan de partnerlanden, net om hun toezichtcapaciteit te versterken. Een gemengde commissie EU-partnerland beoordeelt geregeld de ontwikkeling van de visserij en van de visserijsector.

 

De Belgische vloot vist niet in de West-Afrikaanse wateren, maar enkel in de wateren van de Europese Unie. België is dus geen rechtstreeks betrokken partij bij deze overeenkomsten.

 

De EU speelt een belangrijke rol bij de bestrijding van illegale, niet-aangegeven en ongereglemen­teerde visserij. België steunt volledig het engagement van de EU om dergelijke visserij­activiteiten, die een ernstige bedreiging vormen voor de instandhouding en de duurzame exploitatie van de visbestanden en de zeeën en oceanen, te bestrijden.

 

02.03  Fatma Pehlivan (sp.a): Mijnheer de minister, ik dank u voor uw antwoord.

 

Er is natuurlijk een bezorgdheid, die ik ook uit het artikel kon opmaken. Ik ben blij dat België daar niet bij betrokken is, maar ik vermoed dat andere Europese landen er wel bij betrokken zijn en dat men dus beter toezicht zou moeten kunnen houden. Ik zal dit opvolgen.

 

Het incident is gesloten.

L'incident est clos.

 

La présidente: Chers collègues, je propose que nous passions aux questions sur la situation en RDC et notamment sur la préparation des élections. Plusieurs questions ont été déposées; certainesl'ont été plusieurs fois. Ce sont sans doute des volets différents. Par souci de concision, les collègues pourraient peut-être limiter leur intervention en rassemblant leurs questions.

 

02.04  Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen): Mevrouw de voorzitter, hebt u er zicht op wanneer de vraagstellers van punt 1 aanwezig zullen zijn?

 

De voorzitter: Ik wou nog even wachten op de collega's.

 

02.05  Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen): Mevrouw de voorzitter, ik heb er geen probleem mee om te wachten, op voorwaarde natuurlijk dat de leden onderweg zijn.

 

De voorzitter: De leden zullen zeker komen.

 

03 Samengevoegde vragen van

- mevrouw Els Van Hoof aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "het visum van de Congolese minister" (nr. 21468)

- mevrouw Kattrin Jadin aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de verkiezing van de DRC tot lid van de VN-Mensenrechtenraad" (nr. 21507)

- de heer Jean-Jacques Flahaux aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de legitimiteit van het regime in de DRC vanaf 1 januari 2018" (nr. 21509)

- de heer Peter Luykx aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "het visum aan de Congolese minister Mende" (nr. 21553)

- de heer Peter Luykx aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de toetreding van de DRC tot de VN-Mensenrechtenraad" (nr. 21605)

- de heer Jean-Jacques Flahaux aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de moord op de twee VN-experts in de DRC" (nr. 22116)

- van de heer Stéphane Crusnière aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de DRC" (nr. 22178)

- de heer Stéphane Crusnière aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "zijn onderhoud met de Congolese minister van Buitenlandse Zaken" (nr. 22231)

- mevrouw Kattrin Jadin aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de inhuldiging van de Belgische ambassade in de Democratische Republiek Congo" (nr. 22308)

- mevrouw Els Van Hoof aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "het onderhoud met de Congolese minister van Buitenlandse Zaken" (nr. 22313)

- de heer Georges Dallemagne aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de steeds gewelddadigere repressie van de betogingen in Congo" (nr. 22339)

- de heer Georges Dallemagne aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de toetreding van de DRC tot de VN-Mensenrechtenraad" (nr. 22342)

- mevrouw Fatma Pehlivan aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de aanval op blauwhelmen in Congo" (nr. 22487)

- de heer Georges Dallemagne aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de dodelijke aanval op MONUSCO-blauwhelmen" (nr. 22508)

03 Questions jointes de

- Mme Els Van Hoof au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "le visa du ministre congolais" (n° 21468)

- Mme Kattrin Jadin au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "l'élection du RDC au Conseil des droits de l'homme de l'ONU" (n° 21507)

- M. Jean-Jacques Flahaux au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la légitimité du pouvoir en RDC dès le premier janvier 2018" (n° 21509)

- M. Peter Luykx au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "le visa délivré au ministre congolais M. Mende" (n° 21553)

- M. Peter Luykx au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "l'élection de la RDC au Conseil des droits de l'homme de l'ONU" (n° 21605)

- M. Jean-Jacques Flahaux au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "l'assassinat des deux experts de l'ONU en RDC" (n° 22116)

- M. Stéphane Crusnière au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la RDC" (n° 22178

- M. Stéphane Crusnière au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "son entretien avec le ministre des Affaires étrangères congolais" (n° 22231)

- Mme Kattrin Jadin au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "l'inauguration de l'ambassade de Belgique en République démocratique du Congo" (n° 22308)

- Mme Els Van Hoof au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "l'entretien avec le ministre congolais des Affaires étrangères" (n° 22313)

- M. Georges Dallemagne au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la répression, de plus en plus violente, des manifestations au Congo" (n° 22339)

- M. Georges Dallemagne au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "l'élection de la RDC au Conseil des droits de l'homme de l'ONU" (n° 22342)

- Mme Fatma Pehlivan au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "l'agression de Casques bleus au Congo" (n° 22487)

- M. Georges Dallemagne au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "l'attaque meurtrière contre les Casques bleus de la MONUSCO" (n° 22508)

 

03.01  Els Van Hoof (CD&V): Mevrouw de voorzitter, mijnheer de minister, deze vraag is misschien niet meer zo actueel.

 

Op 19 oktober werd een visum gegeven aan Lambert Mende, de Congolese minister van Communicatie en Media. Hij was hier op bezoek en had dan ook een visum nodig. Hij stond nochtans op de beroemde sanctielijst van de Europese Unie, ten aanzien van bepaalde personen uit het Congolese regime. Deze sanctie­lijst werd verlengd door de Raad van ministers van Buitenlandse Zaken van de Europese Unie. De sanctielijst bepaalt dat de vermelde personen het grondgebied van de Europese Unie niet mogen betreden.

 

Klopt het dat de heer Mende dat visum heeft gekregen van ons land? Hoe valt dit te rijmen met het feit dat hij is opgenomen op de sanctielijst?

 

03.02  Kattrin Jadin (MR): Monsieur le ministre, je vais parler du premier volet de ma question.

 

Je voudrais faire le point avec vous sur le fait que la RDC sera membre du Conseil des droits de l'homme à partir du 1er janvier 2018. On peut évidemment trouver cela contestable. Les États-Unis notamment s'en sont fait fort. Il en va de même pour un certain nombre d'ONG. On comprend tout à fait pourquoi en ces temps-ci, alors que le gouvernement peine à prendre ses responsabilités pour organiser des élections qui auraient déjà dû avoir lieu. Dans un premier temps, je voudrais connaître la position belge à ce sujet. Certains considèrent que l'Union européenne devrait aussi prendre position. Il faudrait savoir si oui ou non, il y a une possibilité de revenir sur cette décision.

 

Ma deuxième question est davantage d'actualité. Vous vous êtes rendu, il y a peu, en RDC pour inaugurer notre ambassade. On ne peut pas dire que vous ayez bénéficié d'un accueil chaleureux. Donc, de manière plus large, quel est l'état de nos relations diplomatiques avec la RDC et avec le gouvernement en place?

 

03.03  Jean-Jacques Flahaux (MR): Madame la présidente, monsieur le ministre, sans répéter ce qui a déjà été dit, sachant maintenant que les accords de la Saint-Sylvestre ne sont pas réalisés, je vous demande clairement où en est le recensement.

 

Quelle est votre analyse de l'unité et de la cohérence de l'opposition congolaise dans la situation actuelle? Aujourd'hui, la communauté internationale trouve-t-elle encore en M. Kabila un interlocuteur légitime, d'autant qu'il a l'art de diviser ses partenaires. Je pense même qu'il y a eu un traitement différent vis-à-vis de la délégation belge à New York, ce qui est quand-même "fort de café", si j'ose dire. Dès lors, dans ce contexte, l'heure ne serait-elle pas venue pour l'Union européenne, l'ONU et la communauté interna­tionale d'agir en usant de tous les leviers de pression sur la personne et l'entourage du président congolais en limitant leurs déplacements internationaux, par exemple, ou encore en gelant leurs avoirs à l'étranger.

 

Deuxièmement, à propos de l'assassinat des deux experts de l'ONU en RDC – malheureusement, on doit déplorer qu'une quinzaine de Casques bleus ont été tués la semaine passée –, les experts de l'ONU en RDC devraient théoriquement bénéficier d'une sorte de protection, même sans être entourés de soldats, mais on voit que ce n'est pas le cas.

 

Ma question date du 16 novembre dernier. Selon vos sources, avez-vous des informations concor­dantes avec celles des autorités suédoises, qui sont passablement énervées à ce sujet, et avez-vous connaissance d'une réaction du pouvoir congolais suite aux analyses de la Suède sur l'enquête?

 

03.04  Stéphane Crusnière (PS): Madame la présidente, monsieur le ministre, j'ai également deux questions sur la situation au Congo.

 

La première fait évidemment suite à votre court séjour en RDC, afin d'inaugurer la nouvelle ambassade belge à Kinshasa. Cette inauguration s'est déroulée dans un climat assez tendu entre la Belgique et la RDC. En effet, aucune autorité congolaise n'y était présente.

 

Lors de votre déplacement, vous vous êtes exprimé en ces termes: "Nous voulons aider directement le peuple congolais. Trop souvent, l'argent de la Coopération s'évapore. La Belgique va remettre à plat sa politique de coopération avec le Congo".

 

Sur le plan politique, la situation en RDC reste préoccupante, notamment à la suite de la publication du calendrier électoral annonçant les élections présidentielles en décembre 2018. Cette annonce a provoqué un tollé dans les partis d'opposition.

 

Monsieur le ministre, avez-vous pu mener certains contacts politiques et/ou institutionnels lors de votre passage éclair à Kinshasa? Qu'entendez-vous par "la révision de l'aide belge à la RDC"? Une réflexion est-elle déjà entamée avec votre collègue en charge de la Coopération au développement, M. De Croo? Ce processus sera-t-il mené avec transparence, notamment vis-à-vis de la société civile?

 

Ma deuxième question fait suite à votre entretien, les jours qui ont suivi, avec votre homologue, le ministre des Affaires étrangères congolais, lors du sommet d'Abidjan.

 

Pouvez-vous me faire un débriefing de votre entretien avec votre homologue, notamment sur les questions d'organisation des scrutins à venir et celles, centrales, de la liberté d'expression et des droits de l'opposition, alors que, voici quelques jours, nous apprenions que certains opposants auraient été arrêtés?

 

Dans le cadre de ce débat, je souhaiterais également évoquer le décès des quatorze Casques bleus. Quel est votre regard sur cette situation?

 

03.05  Georges Dallemagne (cdH): Madame la présidente, monsieur le ministre, mes collègues l'ont dit, la situation au Congo devient de plus en plus tendue, notamment à la veille du 19 décembre, date à laquelle en 2016, Kabila aurait normalement dû transmettre le pouvoir à son successeur élu. Malgré qu'elles soient généralement interdites, des manifestations ont lieu un peu partout dans le pays et les opérations de répression de ces manifestations sont de plus en plus brutales.

 

Pas plus tard que le 30 novembre dernier, la police a utilisé des gaz lacrymogènes à Kinshasa pour disperser des manifestants qui demandaient l'organisation d'élections. Il a même été fait état de tirs à balles réelles. Plusieurs dizaines de sympathisants de l'opposition, dont des responsables de l'UDPS et le député Martin Fayulu, ont été arrêtés, et plusieurs d'entre eux ont expliqué avoir été tabassés par les forces de police.

 

Plusieurs de ces arrestations et actes de répression semblent être le fait du major Augustin Numbi, dont les observateurs soulignent qu'il excelle dans les arrestations arbitraires, la torture et les violations des droits de l'homme. Malheureusement, il ne s'agit là que d'un exemple, le plus récent, d'une dynamique répressive de plus en plus violente de la part du régime du président Kabila.

 

Un autre exemple, tout aussi inquiétant, est celui révélé par Human Rights Watch. Selon cette ONG, des officiers supérieurs des forces de sécurité congolaises ont recruté, en Ouganda et au Rwanda, des rebelles du M23 pour réprimer les manifestations anti-Kabila, tandis que d'autres ont reçu une formation spéciale pour défendre le président Kabila hors mandat. Au moins 200 rebelles ont répondu à cet appel et ont ensuite été intégrés à des unités de la police, de l'armée et de la garde républicaine. Toujours selon Human Rights Watch, les ex-rebelles du M23 ont alors été envoyés à Kinshasa, Goma et Lubumbashi et ont reçu l'ordre de tirer à la moindre provocation des civils.

 

Monsieur le ministre, de quelles informations disposez-vous concernant la répression à l'encontre des opposants politiques à Kinshasa et ailleurs en RDC? Confirmez-vous les événements du 30 novembre que je viens d'évoquer? Confirmez-vous aussi les graves révélations de Human Rights Watch concernant le recrutement d'ex-rebelles du M23 dans le but de réprimer brutalement les manifestations d'opposants démocratiques? Quelles actions la Belgique a-t-elle initiées ou compte-t-elle entreprendre pour tenter de faire cesser ces violations répétées des droits de l'homme et de la liberté d'expression au Congo?

 

J'en viens à ma deuxième question.

 

Le 16 octobre dernier, la République démocra­tique du Congo a été élue au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. L'Assemblée générale de l'ONU devait en effet désigner, pour un mandat de trois ans, 15 nouveaux membres sur les 47 que compte ce Conseil. La RDC a recueilli 151 voix sur 193 votes. Pour rappel, pour les quatre sièges alloués à l'Afrique, le groupe de pays africains s'était mis d'accord il y a quelques mois pour proposer la RDC, l'Angola, le Nigeria et le Sénégal. Comme c'est hélas de tradition pour ce genre "d'élections", il n'y avait aucun choix ni concurrence possible.

 

Pourtant, les militants congolais de l'opposition, les défenseurs des droits de l'homme et plusieurs ONG, dont Human Rights Watch avaient mené une campagne très active contre cette élection. Ainsi, pas moins de 157 associations congolaises avaient appelé les États membres de l'ONU à voter contre Kinshasa parce que les violations des droits de l'homme se sont multipliées depuis un an au Congo.

 

En outre, ce Conseil que va donc rejoindre la RDC a déjà lancé deux enquêtes sur les atrocités commises dans la région du Kasaï par les forces armées gouvernementales et des milices. Les États-Unis se sont d'ailleurs très clairement opposés à cette candidature et ont condamné l'élection du Congo.

 

Monsieur le ministre, ma question est simple: quelle a été la position de la Belgique lors de ce vote et qu'est-ce qui l'a justifiée? Quel a été le vote de nos principaux partenaires européens? Y a-t-il eu une concertation préalable au sein de l'Union européenne sur une éventuelle position commune à défendre lors de ce vote? Enfin, comment les institutions onusiennes pourraient-elles se réformer afin d'éviter que ce genre de vote scandaleux puisse se répéter à l'avenir? Que propose la Belgique en la matière?

 

Ma troisième question a trait à l'assassinat et à l'attaque du 7 décembre dernier durant laquelle au moins quinze Casques bleus tanzaniens ont été tués et 53 autres blessés par des hommes armés, lors d'une opération longue et bien organisée contre une base de la MONUSCO à Semuliki, dans la province du Nord-Kivu. Il s'agit là de la pire attaque contre des Casques bleus depuis les combats en Somalie et l'attaque, le 5 juin 1993, qui avait fait 24 morts. N'oublions pas non plus les dix Casques bleus belges tués à Kigali le 7 avril 1994.

 

L'ONU pointe la responsabilité de membres présumés des ADF (Allied Defense Forces), un groupe armé ougandais actif dans la région. Au moins quatre Casques bleus tanzaniens avaient déjà été tués en septembre et octobre derniers par cette milice dans la région de Beni. Présents dans l'Est de la RDC depuis 1995, les ADF y ont perduré grâce au pillage des ressources, mais aussi, selon plusieurs rapports d'ONG, en consolidant leurs liens avec divers réseaux - commerçant, politique et militaire - dans le Nord-Kivu.

 

Ils ont aussi multiplié les exactions contre les populations locales. Depuis trois ans, ce sont plus de 1 500 personnes qui ont été tuées dans cette région.

 

Le 7 décembre dernier, il semble donc que les Casques bleus étaient spécifiquement visés. Depuis lors, l'ONU a annoncé qu'il avait été décidé d'intensifier les opérations pour les combattre.

 

Monsieur le ministre, disposez-vous de plus d'informations sur cette attaque récente? Pourquoi les militaires de la MONUSCO ont-ils été victimes d'une telle attaque d'un groupe armé rebelle contre leur base? En sait-on plus aujourd'hui sur l'identité des assaillants et leurs objectifs? Quel est le rôle des forces armées congolaises dans cette région face aux différents groupes armés qui y sévissent?

 

Des enquêtes de chercheurs étrangers ont montré que des soldats congolais ont parfois compté parmi les tueurs tandis que l'armée de la République démocratique du Congo a souvent péché par manque de réactivité quand les attaques lui étaient signalées. Quelle est votre analyse à ce propos? Qu'en est-il en ce qui concerne les attaques récentes contre la MONUSCO?

 

Ces violences pourraient-elles être utilisées par le régime pour justifier des nouveaux retards dans l'organisation des élections? La Belgique compte deux officiers au sein de l'état-major de la MONUSCO. Vu la situation sur le terrain, le drame qui vient de frapper ces Casques bleus, la persistance des attaques et des exactions et les difficultés auxquelles sont confrontées les forces actuelles de la MONUSCO, la Belgique compte-t-elle renforcer son soutien à cette importante mission de l'ONU?

 

Des demandes spécifiques ont-elles été formulées à l'égard de la Belgique? Envisageons-nous un appui plus important au niveau de la logistique, du soutien technologique ou même des effectifs?

 

03.06  Els Van Hoof (CD&V): Mijnheer de minister, de inleiding werd al door mijn collega's gegeven.

 

Uw ontmoeting met de Congolese homoloog in onze ambassade in Abidjan was belangrijk in onze relaties met Congo. De voorbije week vond ook de vergadering van de Europese Raad met de ministers van Buitenlandse Zaken plaats, met een verlenging van de conclusies van de vorige raad. Het is van belang om te weten hoe de Belgische regering en de Europese Unie staan tegenover de nieuwe kieswet en de ngo-wet die de inperking van de democratische vrijheden aankaart.

 

De vraag is hoe de internationale gemeenschap omgaat met de garanties die zullen worden opgelegd aan Congo inzake het verkiezings­proces. Heeft België al in een budget voorzien voor de verkiezingen? Welke garanties worden daaraan gekoppeld vanuit de internationale gemeenschap?

 

In de resolutie die in de Kamer werd goedgekeurd, werd aangekaart dat wij voor een heroriëntering van de Belgische ontwikkelingssamenwerking zijn. De bevolking in Congo heeft het vandaag zeer moeilijk. Men kan moeilijk oppositie voeren met een lege maag. Het is van belang dat wij inzetten op een ontwikkelingssamenwerking die rechtstreeks tot de bevolking is gericht.

 

U hebt op een consequente manier aangekondigd dat de ontwikkelingssamenwerking wordt geheroriën­teerd. Zijn ter zake al pistes met de Congolese partner besproken?

 

03.07  Fatma Pehlivan (sp.a): Mijnheer de minister, op 8 december zijn tijdens een verrassingsaanval in de Democratische republiek Congo 14 VN-blauwhelmen van Tanzaniaanse origine gestorven. Nog eens 40 andere soldaten raakten gewond. Ook soldaten van het Congolese nationale leger verloren het leven bij de gevechten.

 

De aanvallers waren, volgens de meest betrouw­bare bronnen, lid van de Allied Democratic Forces, een rebellengroep die actief is in Congo en Oeganda. Deze groepering is ook genoemd als een van de mogelijke daders bij de slachtpartij die enkele jaren geleden plaatsvonden in de streek van Beni in Oost-Congo waarbij ruim 1 000 mensen het leven lieten.

 

Deze aanval op een VN-kamp in Oost-Congo, begaan door de ADF, is bovendien geen primeur. De ADF viel in oktober ook al een groep VN-blauwhelmen aan waarbij twee doden vielen en 18 gewonden.

 

Mijnheer de minister, de ADF, dat reeds verant­woordelijk is voor verschillende oorlogsmisdaden, lijkt zich nu meer en meer tegen de aanwezigheid van MONUSCO te keren. Is dit een escalatie van één groepering of zijn ook andere rebellengroepen en milities meer actief de laatste maanden? Welke impact zal deze aanval op de werking van MONUSCO hebben, dat reeds de duurste en grootste operatie van de VN-blauwhelmen is op dit moment? Dient er een verandering van strategie te komen en zal België daarover ook een standpunt innemen?

 

Deze aanval heeft wel het gevoel van onveiligheid in de streek verhoogd. Welke impact zal dit hebben op het organiseren van de verkiezingen in Congo?

 

03.08  Didier Reynders, ministre: Je vous remercie pour l'ensemble de ces questions sur la situation en RDC.

 

Je voudrais d'abord revenir sur ma récente visite et l'inauguration de notre nouvelle chancellerie, comme sur la situation générale.

 

J'ai eu l'occasion de me rendre en RDC afin d'y inaugurer notre nouvelle chancellerie le 27 novembre dernier. Cette inauguration a permis de mettre en valeur, de très belle façon, les liens entre nos peuples, mais aussi de mettre en avant un bâtiment permettant à nos diplomates et aux diplomates néerlandais de travailler dans de meilleures conditions. J'ai noté la présence de représentants de la majorité et de l'opposition – c'est une bonne chose – à côté des forces vives qui contribuent à la relation entre nos deux peuples: société civile, entrepreneurs, étudiants. D'ailleurs,le président de la CENI était également présent.

 

Je suis persuadé qu'après la fin des mandats constitutionnels, c'est surtout le peuple congolais qui détient la souveraineté nationale, même s'il faut continuer à maintenir les contacts avec les autorités en place. Le matin même de cette visite, j'ai pu m'entretenir avec les représentants de la CENCO et de la société civile ainsi qu'avec mon homologue congolais, à Abidjan, lors d'un déjeuner à la résidence de notre ambassadeur. J'ai aussi eu des entretiens en marge des réunions ministérielles de la francophonie à Paris, et du sommet Europe-Afrique à Abidjan avec des pays de la région: l'Angola, l'Ouganda et le Gabon, par exemple, ainsi qu'avec d'autres partenaires, comme la France.

 

In de plenaire vergadering zei ik al dat ik in Kinshasa duidelijk meegedeeld heb dat België geëngageerd blijft, geen kamp kiest en aan de zijde van de Congolese bevolking staat. Ik vond het belangrijk om ook een volkswijk in Kinshasa te bezoeken om onze solidariteit te betonen, want de bevolking leeft er vaak in bijzonder precaire omstandigheden. Ik bracht ook een politieke boodschap: nu er een kalender is, moet het verkiezingsproces geloofwaardig worden gemaakt en moet het vertrouwen worden hersteld.

 

À la suite de la publication d'un calendrier par la CENI et à l'approche de la fin du recensement, qu'on nous annonce – ce n'est pas la première fois – pour la fin du mois de janvier, je comprends la déception de nombreux observateurs qui auraient souhaité des dates plus rapprochées.

 

En ce qui nous concerne, nous consacrons toute notre énergie à tenter d'obtenir des garanties quant au respect des échéances et quant à celui des conditions du processus électoral – qui doit être équitable, mais aussi suffisamment inclusif et consensuel. Il importe en effet que les fameuses mesures dites "de décrispation" prévues dans les Accords de la Saint-Sylvestre puissent entrer en vigueur. En clair, cela signifie qu'un grand nombre de candidats doivent réellement pouvoir se présenter et qu'il convient que l'espace public soit suffisamment ouvert pour permettre un véritable débat démocratique à l'occasion des élections au Congo.

 

Au cours de mon dernier entretien à Abidjan avec mon collègue Léonard She Okitundu, j'ai insisté sur la crédibilisation du processus électoral et sur la nécessité d'ouvrir cet espace public de libre expression. J'ai aussi indiqué que la loi sur les ONG nous inquiétait. C'est nécessaire pour organiser des élections dans de bonnes conditions. Mon interlocuteur en a pris bonne note et s'est dit confiant dans la capacité d'organiser ces élections.

 

Je reste convaincu que l'organisation des scrutins dans un délai très bref contribuera à étendre le consensus parmi les acteurs congolais. On ne peut pas aller, comme c'est le cas pour l'instant, de report en report. La date du 23 décembre 2018 est déjà tardive. On ne pourra envisager de différer encore davantage les scrutins.

 

Het komt de Congolese actoren toe om te bepalen welke de voorwaarden zijn, maar alles moet eerlijk verlopen. Er moeten garanties komen dat de voorgestelde data ten minste zullen worden gerespecteerd, dat het proces eerlijk zal verlopen en dat de rechten en de vrijheden worden hersteld. De internationale gemeenschap moet verder druk blijven uitoefenen, liefst op gecoördi­neerde wijze tussen de EU, de Afrikaanse Unie en de landen in de regio en andere internationale partners.

 

La Belgique a été très engagée dans la négociation des conclusions du dernier Conseil Affaires étrangères de l'Union européenne. J'ai d'ailleurs été le seul à, à nouveau, intervenir sur la situation en RDC à l'occasion de notre réunion de ce lundi. 

 

Dans la foulée, avec mon collègue le ministre de la Coopération, nous avons salué les conclusions adoptées par le Conseil, lundi dernier. Ces conclusions soulignent la nécessité d'organiser des élections libres et crédibles en RDC et rappellent la volonté de l'Union européenne de contribuer au processus électoral pour autant que des mesures nécessaires soient prises afin de garantir la crédibilité du processus tant sur le plan technique qu'en ce qui concerne l'ouverture de l'espace démocratique. Rappelons que l'engagement premier doit venir des autorités congolaises elles-mêmes. La position européenne correspond donc tout à fait à la position que j'avais eu l'occasion d'exprimer lors de ma visite à Kinshasa et de mon entretien avec mon homologue congolais.

 

La Belgique a décidé de réserver, dans un premier stade et en appui aux élections, cinq millions d'euros qui pourront être libérés dès que ces conditions seront réunies. Elle encourage ses partenaires à agir dans le même sens en restant très attentifs aux engagements des autorités congolaises. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de rencontrer le responsable des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, M. Lacroix, avec lequel nous avons évoqué le soutien que la MONUSCO pourrait évidemment à nouveau très fortement apporter à l'organisation logistique des élections. 

 

Ik heb, ten slotte, mijn Congolese ambtgenoot, She Okitundu, uitgenodigd om samen met de Congolese minister van Ontwikkelings­samenwerking naar België te komen om met collega-minister Alexander De Croo en mijzelf een samenwerking met België in brede zin te bespreken. Mijn collega heeft zich daartoe bereid verklaard en vroeg dat die vergadering zou worden voorbereid door experts. De vraag luidt vooral wat er in de huidige zeer moeilijke omstandig­heden nog met Congo kan worden gedaan en welke garanties er kunnen worden geboden.

 

J'ai eu l'occasion d'en parler avec mon collègue en charge de la Coopération et des contacts sont en cours pour préparer ces réunions d'experts et politiques. L'essentiel est de s'assurer d'un soutien continu et efficace aux populations. Je l'ai rappelé lors de ma visite dans différents quartiers de Kinshasa. Déjà dans la capitale, on voit qu'une bonne partie de la population est dans une situation de plus en plus précaire.

 

Des contacts avec la société civile sont indispensables dans cette réflexion. Nous aurons l'occasion de revenir avec des propositions concrètes en la matière pour voir comment remettre à plat – termes que j'ai utilisés avec mon collègue congolais – notre coopération.

 

Je reviens sur la répression des manifestations en RDC.

 

Je suis, comme vous, inquiet des arrestations d'opposants qui ont eu lieu ces derniers jours. J'avais lancé un appel à Kinshasa à garantir le droit de tous de manifester paisiblement. Comme je l'ai constaté sur place, toutes les manifestations ne sont pas interdites. À l'occasion de l'inauguration de l'ambassade, une manifestation avait été organisée le long de nos murs. C'est au moins un signal que l'on peut retenir avec un brin d'humour.

 

L'Union européenne avait au préalable indiqué qu'elle était vivement préoccupée par les récentes déclarations attribuées à des responsables des forces de police congolaises et des gouverneurs ayant annoncé, de manière anticipée, la perturbation de manifestations pacifiques organi­sées par la société civile et des partis d'opposition ce 15 novembre. De telles déclarations ne correspondent pas aux principes démocratiques et au respect de la liberté d'expression et de réunion.

 

Nous avons, comme vous, pris connaissance du rapport de Human Rights Watch sur le recrutement par des officiers supérieurs des forces de sécurité en RDC, de plus de 200 anciens combattants rebelles du M23 venant des pays voisins, pour réprimer des manifestations contre le président Kabila, en décembre 2016. Nous n'avons pas encore pu procéder à un examen détaillé mais il semble important que le bureau conjoint des Nations Unies et le groupe d'experts de l'ONU se saisissent de cette question, comme cela a été le cas par le passé. Et, comme rappelé dans les conclusions de l'Union européenne, la responsabilité individuelle des personnes concernées pourrait être mise en cause. J'avais déjà évoqué cette responsabilité individuelle lors d'un précédent voyage à Kinshasa en mettant en garde clairement les responsables de services de sécurité en la matière.

 

Maintenant en ce qui concerne l'assassinat de deux experts de l'ONU.

 

Op 29 maart heb ik in een persbericht mijn verontwaardiging geuit over het overlijden van twee leden van de VN-expertengroep in de provincie Centraal-Kasaï. Michael Sharp en Zaida Catalan zijn daar samen met hun Congolese begeleiders verdwenen. Ik heb mijn medeleven betuigd aan hun families, vrienden en collega's en heb hulde gebracht aan hun strijd voor de verdediging van de waarden van de Verenigde Naties.

 

Il est primordial que les responsables soient jugés et que de tels actes ne restent pas impunis. Il revient aux autorités des deux pays dont sont issues les victimes de définir les modalités d'instruction qu'elles privilégient. En mai 2017, l'auditorat général de la RDC a fait savoir que l'instruction préliminaire concernant la mort des deux experts était terminée.

 

D'après mes informations, le juge d'instruction suédois en charge du dossier a immédiatement fait savoir que cela ne mettait pas fin à l'enquête suédoise. Au niveau onusien, pour l'heure, une enquête administrative (board of inquiry) créée par le secrétariat, a été mise sur pieds. Les Nations Unies ont aussi proposé leur soutien aux enquêtes sur l'assassinat de ces deux experts du Conseil de sécurité et à la traduction en justice des responsables. J'ai demandé aux ambassades à Stockholm et Washington et à notre représen­tation permanente à New York d'indiquer notre disponibilité à coopérer et l'Union européenne a, dans ses conclusions, indiqué qu'elle soutenait l'appui des Nations Unies à cette enquête.

 

Je rappelle dans tous les contacts avec les autorités congolaises la nécessité d'avancer dans ces enquêtes et de pouvoir traduire les responsables en justice.

 

Wat betreft het humanitair visum van de minister van Media, de heer Lambert Mende, het volgende.

 

Lambert Mende a sollicité auprès de mes services une dérogation au régime de sanctions européennes qui pèsent sur lui pour des raisons humanitaires urgentes, afin de pouvoir rendre visite à sa mère, fort malade, en Belgique.

 

Après en avoir averti les autres États membres de l'Union européenne et en l'absence d'opposition de leur part dans le délai juridiquement imparti par le régime de sanctions sur la RDC, il lui a été accordé un visa humanitaire. Ce visa était destiné à couvrir un séjour d'une durée limitée sur le seul territoire belge, uniquement dans le cadre d'une visite de moins d'une semaine à sa mère malade en Belgique, ce qui ne lui permettait pas d'avoir d'autres contacts, par exemple de nature politique. Il lui a été clairement communiqué qu'il était dans son propre intérêt de s'en tenir strictement à ces conditions.

 

Nous sommes pour le respect scrupuleux des sanctions, y compris en ce qui concerne les dérogations. On ne peut pas plaider pour le respect de l'État de droit au Congo et nous-mêmes enfreindre nos propres règles et refuser un visa à quelqu'un qui vient visiter une mère malade, alors que tous les critères sont réunis et que les partenaires de l'Union européenne ont été consultés.

 

Wij zullen in dezelfde richting voortgaan maar met een zeer strikte toepassing van alle criteria. Een of ander probleem met betrekking tot de verschillende condities zal bijgevolg een zeer sterke reactie veroorzaken.

 

Wat betreft de toetreding van de DRC tot de Mensenrechtenraad, u weet dat de stemmingen over kandidaturen geheim zijn en dat het niet tot de traditie behoort om hierover gedetailleerde publieke verklaringen af te leggen. Ik kan u wel zeggen dat ons land groot belang hecht aan de oprichtingsresolutie van de Mensenrechtenraad die bepaalt dat de lidstaten van de VN, bij de verkiezing van raadsleden, rekening houden met de bijdrage van de kandidaat aan de bevordering en de bescherming van de mensenrechten, en met hun vrijwillig engagement.

 

Cette même résolution prévoit également que les membres élus du Conseil observeront les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits de l'homme et coopèreront pleinement avec le Conseil. C'est évidemment en fonction de ce critère que la Belgique opère ses choix.

 

Dat de DRC werd verkozen, is te wijten aan een kiessysteem dat voorziet in een aantal voorbehouden plaatsen per regionale groep. In de Afrikaanse groep liet dit toe om clean slates te hanteren. Dat wil zeggen dat er in deze regionale groep evenveel kandidaten als zetels waren. Het gebruik van clean slates bij dergelijke stemmingen wordt betreurd door de Europese Unie. De DRC kreeg trouwens ongeveer 30 stemmen minder dan de andere kandidaten van de Afrikaanse groep. Dat is uiteraard al een belangrijk signaal, ook vanuit België.

 

Par contre, je ne sais pas pour qui ont voté les autres membres de l'Union européenne car le vote reste secret, dans quelque pays que ce soit. Pour nous, comme je viens de le dire, le signal a été très clair, en ce compris venant de la Belgique. Pour ce qui est des autres pays de l'Union européenne, je ne peux vous en dire davantage. Je ne sais d'ailleurs toujours pas exactement pour qui la Suède a voté ou non, dans le cadre d'un vote que nous avons beaucoup évoqué devant votre commission puisque la seule procédure qui a été suivie en Suède est une procédure de concertation confidentielle entre les responsables politiques du pays sous la présidence du Roi, mais sans qu'on ne communique sur le vote que la majorité suédoise, que vous connaissez bien, a exprimé à cette occasion.

 

En 2017, deux résolutions consacrées à la situation en RDC, l'une sur les Kasaï et l'autre à portée plus générale, ont été adoptées, ce qui a permis de garder la RDC en haut de l'agenda du Conseil. Il faut aujourd'hui espérer que la présence de la RDC au sein du Conseil des droits de l'homme offre l'occasion de mettre la RDC devant ses responsabilités en matière de droits de l'homme et de l'encourager à améliorer le respect et la protection des droits fondamentaux dans le pays. C'est en tout cas ce que mon homologue a promis. J'ai eu l'occasion d'évoquer le problème avec lui.

 

La Belgique restera vigilante, en particulier en ce qui concerne la coopération des autorités congolaises avec l'enquête indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Kasaï.

 

De aanval op de blauwhelmen in Congo vond plaats in de nacht van 7 op 8 december op een VN-basis in Semuliki bij Beni in Noord-Kivu en daarbij zijn minstens 14 doden en een veertigtal gewonden gevallen onder het Tanzaniaans militair VN-personeel. Bij die aanval kwamen ook minstens vijf Congolese regeringssoldaten en een niet nader genoemd aantal rebellen om. Er zijn ook drie vermisten. Het gaat om de ergste aanval tegen de VN van de voorbije jaren. Ik heb op diezelfde dag nog mijn medeleven betoond met de nabestaanden.

 

Die laffe daad, gepleegd tegen mensen die zich inzetten voor vrede, mag niet ongestraft blijven. Ons land pleit dan ook voor een onafhankelijk VN-onderzoek, zodat de verantwoordelijken kunnen worden berecht. De VN aarzelt om de identiteit van de daders te bevestigen. Het vermoeden bestaat dat het om een aanval ADF-rebellen gaat, maar dat werd niet bevestigd. Hoe het komt dat er zulke zware wapens werden gebruikt, is ook onduidelijk.

 

In Beni vonden er spontane demonstraties plaats tegen de toenemende onveiligheid in de regio. Het incident onderstreept nog maar eens de fragiele veiligheidssituatie in Noord- en Zuid-Kivu en de toename van activiteiten van gewapende groepen. Hoewel er op zich geen band is met de pre-electorale context, onderstreept het de noodzaak van een legitieme regering na geloofwaardige verkiezingen om de verschillende problemen duurzaam aan te pakken.

 

La lutte contre les groupes armés implique aussi qu'on s'attaque à toute forme de complicité, y compris politique, surtout à la lecture de certains rapports récents.

 

Ook de VN moeten daaruit lessen trekken. Hoe kunnen militaire basissen beter beschermd worden? En vooral: hoe kan de MONUSCO zich beter concentreren op haar twee kerntaken, namelijk de bescherming van burgers en steun aan de organisatie van geloofwaardige verkiezingen? Daarvoor zijn middelen nodig. België pleit er binnen de VN voor om voldoende middelen in Congo te behouden.

 

Nous n'avons pas reçu de demande spécifique de la MONUSCO pour un renforcement de notre appui mais je suis ouvert à ce débat si une demande nous était formulée de la part des Nations Unies.

 

Madame la présidente, chers collègues, je résume en vous disant que nous ne sommes pas pleinement heureux de la date annoncée pour les élections. Elle est fort tardive. Cela étant, il faut prendre cette date au mot et essayer de rendre crédible le processus électoral. Cela dépend tout d'abord d'un investissement des autorités congolaises elles-mêmes.

 

Wij wachten op een begrotingsontwerp van de Congolese regering, alsook op een aantal nieuwe wetsvoorstellen van het Congolese parlement, om zo snel mogelijk een correcte organisatie van de verkiezingen te kunnen realiseren. Dan zal het perfect mogelijk zijn voor de internationale gemeenschap om hulp te geven. België heeft al in een bedrag van vijf miljoen euro voorzien, maar het is ook mogelijk om meer te doen op logistiek vlak, zeker met de MONUSCO en een aantal andere partners.

 

À côté de ce processus électoral que nous devons tenter de rendre le plus crédible possible, la situation sécuritaire reste particulièrement préoccupante, ainsi que la situation humanitaire. C'est ce qui fait que nous allons tenter de remettre à plat notre coopération avec la RDC pour voir comment on peut venir en aide directement à la population, qui se trouve dans une situation particulièrement compliquée.

 

03.09  Els Van Hoof (CD&V): Mijnheer de minister, ik dank u voor uw uitgebreid antwoord en uw consequente houding ten aanzien van Congo de afgelopen twee jaar. Wij kunnen dit alleen maar aanmoedigen.

 

Ik ben ook tevreden met de conclusies van de Europese Raad van Ministers van Buitenlandse Zaken. Dit betekent een verlenging van de vorige conclusies aangezien die sterk en goed werden geformuleerd. Het gaat hierbij over het vrijwaren van rechten en vrijheden, het vragen van garanties en het opleggen van sancties. Het is een goede zaak dat België erin slaagt achter de schermen die rol te spelen en de Europese Unie op één lijn blijft houden ten aanzien van Congo. Ik weet dat dit de laatste tijd zeker geen sinecure is.

 

Het is ook goed dat u de bevolking, die het zeer moeilijk heeft, echt centraal stelt. Zij rekenen op de internationale gemeenschap. Het is fijn dat u de ministers van Ontwikkelingssamenwerking en Buitenlandse Zaken vraagt om te bekijken hoe aan de noden van de bevolking kan worden tegemoet­gekomen. Bovendien zal worden bekeken hoe de Belgische ontwikkelings­samen­werking kan worden aangewend voor humanitaire doeleinden zodat de mensen toegang hebben tot gezondheid, onderwijs en werk.

 

Het feit dat u vijf miljoen euro uittrekt voor de verkiezingen, weliswaar verbonden aan garanties, is ook een sterk signaal. Daaruit blijkt immers dat wij bereid zijn om te steunen. Wij zijn de eersten die een budget op tafel leggen. Wij vragen echter de garantie dat de verkiezingen inclusief, eerlijk en rechtvaardig verlopen.

 

Ik moedig u dan ook aan om hetzelfde spoor te blijven volgen, ook al weet ik dat het niet evident is. Wij moeten bovendien waakzaam blijven. Wat zal de houding zijn van de Afrikaanse Unie? De nieuwe voorzitter wordt Kagame. Het wordt interessant te vernemen welke houding de Afrikaanse Unie volgend jaar zal aannemen ten aanzien van Congo. Ook de Europese Unie blijft interessant. Het is goed dat u erin bent geslaagd om de Unie op één lijn te houden want Frankrijk is sinds het aantreden van Macron een andere weg ingeslagen ten aanzien van Congo. Het blijft moeilijk om de Fransen in het gelid te houden en ervoor te zorgen dat de Europese Unie sterk uit de hoek blijft komen ten aanzien van Congo. Men weet ook nooit wat er gebeurt in de Verenigde Staten. Onder Trump is er geen positieve evolutie waar te nemen ten aanzien van Afrika.

 

Waakzaamheid blijft hoe dan ook geboden ten aanzien van de internationale partners, maar ook ten aanzien van de Congolezen zelf. Deze laatsten voeren immers een verdeel-en-heerspolitiek op het terrein. Zij proberen de oppositie uit elkaar te spelen door de inzet van militairen tegen de eigen bevolking. Ook op het niveau van de internationale gemeenschap proberen zij verschillende clans uit elkaar te rukken. De CENCO wordt eveneens uit elkaar gerukt.

 

De situatie is dus echt niet evident, maar ik vind het toch goed dat België een sterke en consequente houding blijft aannemen. Ik meen dat wij nog geregeld in debat zullen gaan om u in uw houding te ondersteunen.

 

03.10  Kattrin Jadin (MR): Monsieur le ministre, je vais aller un peu dans la même direction que ma collègue en vous félicitant d'abord pour la position courageuse de la Belgique. On le sait, depuis le début de la crise au Congo, la position de notre pays demeure constante.

 

Je voudrais aussi vous féliciter, monsieur le ministre, par rapport aux efforts que vous avez menés pour "garder le cap" au niveau de la communauté internationale – cela a été dit aussi par ma collègue, Mme Van Hoof –, pour garder une position aussi univoque sur la crise au Congo. Nous la maintenons avec tous les acteurs, que ce soit de la vie politique ou de la société civile. Pour l'avenir de la République démocratique du Congo, c'est évidemment un signe fort, très important! De même, vous avez manifesté la volonté de notre pays de participer au financement de l'organisation des élections moyennant certaines garanties.

 

Bien sûr, sur l'échiquier international, certaines positions ne me semblent pas claires et nous aurons l'occasion d'en reparler, j'en suis certaine. On évoquait la position des États-Unis qui, sur la RDC mais aussi de manière générale, n'a pas l'air très précise, ne semble pas très intéressée, en l'occurrence, ce qui laisse donc encore sous-entendre que nous aurons pas mal de questions et de sujets à aborder dans les mois à venir.

 

03.11  Jean-Jacques Flahaux (MR): Monsieur le ministre, je tiens également à vous remercier pour vos réponses.

 

Cela dit, avec le Congo, on aurait a priori tendance à immédiatement baisser les bras face à la complexité du problème, d'autant que ce pays est pris dans une espèce de jeu de Stratego mondial dans lequel les grands pays se font de moins en moins de cadeaux. La Chine joue un jeu pas très "catholique", si j'ose dire, en Afrique et n'a aucun état d'âme quand elle exploite toutes les ressources possibles et imaginables, ce au moindre coût. Ce faisant, le président actuel qui a toujours joué la carte "diviser pour régner" peut encore plus l'utiliser qu'auparavant.

 

Par ailleurs, ce pays connaît une situation dramatique. En effet, alors qu'il est, sans doute, potentiellement le plus riche au monde en termes de ressources minières etc., l'écrasante majorité de sa population vit dans un état de pauvreté terrible. Alors que des améliorations économiques avaient été enregistrées au début du règne du jeune Kabila, la situation s'est terriblement détériorée. C'est assez affolant!

 

Monsieur le ministre, votre rôle est extrêmement difficile car, au sein de l'Union européenne, les grands pays ou, du moins, ceux qui estiment encore l'être ne vous facilitent pas toujours les choses. Il faut compter avec la Françafrique, même si le Congo n'a jamais fait partie des anciennes colonies françaises. Il n'est donc pas évident d'avoir une politique coordonnée en la matière.

 

En tout cas, je suis conscient des efforts que vous menez au quotidien pour parvenir à convaincre, ce dont je vous remercie.

 

03.12  Stéphane Crusnière (PS): Monsieur le ministre, je vous remercie pour ce point complet de la situation.

 

Nous en avons déjà beaucoup parlé. C'est toujours très intéressant de pouvoir refaire le point au sein de cette commission sur la situation en RDC, surtout après les contacts que vous avez menés ces derniers jours.

 

Je partage à 100 % votre volonté de rendre crédible le processus électoral. C'est évidemment la priorité pour nous tous. Cela doit se faire au niveau belge mais aussi au niveau européen.

 

Je suis inquiet car vous avez dit que, dans le Conseil européen des Affaires étrangères, vous étiez le seul à être intervenu à ce sujet. Je salue votre volontarisme. C'est vous qui avez demandé de mettre ce point à l'ordre du jour. Je vous rends hommage pour cela.

 

Je suis particulièrement inquiet, même si je sais que vous êtes fort écouté au sein du Conseil européen sur ce dossier, à propos de l'inertie de vos partenaires européens. L'Europe a aussi un rôle à jouer, non seulement en termes de financement mais également en termes d'appui dans le cadre du processus électoral.

 

Au niveau de la coopération, vous avez répondu à mes questions et précisé vos pensées. J'espère que l'invitation lancée au ministre de la Coopération de la RDC sera rencontrée et qu'il pourra venir pour discuter. Il serait intéressant que nous puissions être associés à la façon dont cette coopération va être redistribuée, sans oublier la société civile belge et congolaise fort active.

 

À ce titre, vous le savez, monsieur le ministre, une proposition de résolution avait circulé, il y a un peu plus de dix jours. Lors de la rencontre informelle que nous avions eue au sujet de cette résolution, j'avais suggéré d'avoir un contact avec vous car mon inquiétude, c'est qu'on vienne jeter à nouveau de l'huile sur le feu dans les relations diplomatiques entre nos deux pays et que cela complique votre tâche. Je pense que ce n'est pas le moment.

 

Dans ce cadre-là, j'avais suggéré que puissions tenir une réunion à huis clos en votre présence avec le ministre de la Coopération afin d'examiner les mesures que nous pourrions proposer pour ne pas mettre en péril le processus. Si la diplomatie est évidemment importante, la diplomatie gouvernementale l'est évidemment tout autant.

 

Je renouvelle la demande d'organiser à la rentrée ce type de débat pour prendre le temps de discuter de la situation et de voir quelle est la meilleure façon d'aboutir à ce processus crédible d'élections. Comment les parlementaires peuvent-ils être un appui pour vous dans le cadre de la diplomatie gouvernementale?

 

Je pense qu'il s'agit d'un débat intéressant à mener au sein de cette commission.

 

03.13  Georges Dallemagne (cdH): Monsieur le ministre, je vous remercie pour cette réponse effectivement suffisamment exhaustive et détaillée.

 

Je suis comme vous assez inquiet, à quelques jours de cette date d'anniversaire du 19 décembre. Il y a tout lieu de craindre des violences supplémentaires. On sait l'exaspération et la détermination du peuple congolais dans la situation politique actuelle et on peut le comprendre. Il faut rester extrêmement attentif à ce qui va se passer et pouvoir intervenir, le cas échéant, pour sauver des vies humaines et tenter de faire en sorte qu'il n'y ait pas, au Congo, de situation plus catastrophique pour les populations congolaises. Ceci pour les jours à venir. Nous verrons bien ce qu'il en sera, mais je souligne l'inquiétude et l'éminence d'un danger de violences très importantes au Congo.

 

Il y a en tout cas une fuite en avant des autorités congolaises qui semblent ne pas vouloir voir la situation telle qu'elle se développe. Je suis malheureusement perplexe et dubitatif quant à la véritable volonté des autorités congolaises de respecter enfin leur parole et un calendrier politique qui permettrait au Congo et à sa population de sortir de la crise.

 

Mais, vous avez raison, nous n'avons pas d'autre choix que de prendre acte et de prendre au sérieux ce calendrier. Vous avez également raison d'estimer qu'il faut que le gouvernement congolais pose certains gestes et, notamment, vote des lois permettant la tenue d'élections crédibles. Selon moi, il ne faudrait pas financer un processus qui ne serait que de la poudre aux yeux et qui nous entraînerait à l'opposé de ce que nous recherchons aujourd'hui pour la population congolaise.

 

En ce qui concerne la coopération, il m'apparaît important de mettre rapidement en œuvre notre résolution datant de plus d'un an et qui prévoit que l'on ne doive plus passer par le gouvernement congolais pour réaliser notre coopération. Il faut prendre nos résolutions au sérieux. J'aimerais bien – M. Crusnière l'a mentionné – qu'un travail se fasse à huis clos – comme je l'avais demandé –, pour qu'il soit le plus efficace possible. Notre souhait, à tous ici je pense, c'est d'éviter un bain de sang au Congo ainsi que des drames et des malheurs supplémentaires à la population congolaise. Il faut donc vérifier quels dispositifs sont de nature à aller dans le bon sens et ceux qui seraient effectivement contre-productifs.

 

Notre souhait, à travers cette résolution, était de privilégier la coopération à travers les ONG. La nouvelle loi de la Coopération qui vient d'être adoptée par le parlement permet de soutenir plus efficacement les ONG locales. Il me semble que ce nouvel instrument peut être utilisé. Il faut analyser la manière de l'appliquer. Il serait utile d'accélérer cette disposition de notre résolution, au vu des nouvelles possibilités qu'offre la loi en matière de coopération au développement.

 

Je plaide également pour que les sanctions ciblées soient véritablement mises en œuvre et pour qu'on examine la possibilité de sanctions ciblées supplémentaires. En effet, nous savons que le premier cercle du pouvoir au Congo est très sensible à ces sanctions ciblées. Ce sont peut-être les plus efficaces et il serait intéressant de voir avec vous si nous pouvons entamer une réflexion pour renforcer des sanctions à l'égard d'individus au sommet du pouvoir congolais, qui sont particulièrement dangereux et qui pourraient, suite à ces sanctions, être neutralisés et dissuadés d'exercer des violences contre leur propre population.

 

Je voudrais saluer le travail du ministre au niveau du Conseil européen. Dans ce cadre, je suis ravi de la position de la Belgique, même si elle est implicite. Cela montre la complexité des choses! Nous n'avons pas voté en faveur de la participation du Congo au Conseil des droits de l'homme ou, du moins, nous nous sommes abstenus. Je ne connais pas notre position exacte.

 

Je me souviens que vous aviez plaidé pour que cela soit discuté en kern. Je ne sais pas si cette discussion a eu lieu. Il s'agissait de définir une position du gouvernement. J'avais aussi entendu que votre position serait plus transparente. Cependant, ce ne fut pas le cas car si je ne vous avais pas posé de question, nous ne connaîtrions toujours pas la position de la Belgique.

 

Il aurait également été intéressant que l'Union européenne fasse preuve de plus de détermina­tion. Je vous encourage donc à proposer ce débat au Conseil européen car, s'il avait adopté une position unanime et revendiquée sur cette question, elle aurait pesé très fort sur le plan politique et psychologique auprès de la population congolaise qui a l'impression de ne pas être entendue sur cette question des libertés et des droits de l'homme.

 

Je vous remercie encore pour ce débat qu'il serait utile de prolonger à huis clos.

 

03.14  Fatma Pehlivan (sp.a): Mijnheer de minister, het is een complex probleem en u merkt dat de interesse hiervoor in het Parlement leeft.

 

Ik sluit mij aan bij de vraag van mijn collega’s om het Congodossier van zeer nabij te onderzoeken, waarna wij het vrij en openlijk kunnen bespreken. Dit is noodzakelijk voor de toekomst, zeker in de aanloop naar de verkiezingen. Ik vermoed dat het Congolese volk dit ook van ons verwacht, ook in het kader van de situatie van de VN-soldaten. Zij vertrouwen erop dat hun burgerrechten worden beschermd en dat daar een vorm van veiligheid aanwezig is. Als er zich incidenten voordoen, betekent dat ook dat hun vertrouwen wordt tenietgedaan. Daarom ben ik blij dat er, als ik het goed begrepen heb, een onafhankelijk onderzoek zal komen naar de incidenten. Ik weet niet of er een bepaalde timing bestaat, zodat wij dit mee kunnen nemen in het kader van de bespreking van de Congolese situatie.

 

Présidente: Rita Bellens.

Voorzitter: Rita Bellens.

 

L'incident est clos.

Het incident is gesloten.

 

04 Questions jointes de

- M. Philippe Blanchart au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "les opérations de secours menées en Méditerranée dans les eaux internationales" (n° 21368)

- Mme Kattrin Jadin au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "les migrants vendus comme esclaves en Libye" (n° 22023)

- M. Jean-Jacques Flahaux au secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, chargé de la Simplification administrative, adjoint au ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, sur "l'esclavage de réfugiés subsahariens en Libye" (n° 22123)

- M. Wouter De Vriendt au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la situation en Libye" (n° 22236)

- M. Vincent Van Peteghem au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "les traitements inhumains infligés aux réfugiés africains dans des camps libyens" (n° 22240)

- Mme Gwenaëlle Grovonius au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "le suivi de la conférence d'Addis-Abeba" (n° 22338)

- M. Philippe Blanchart au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "les exactions commises en Libye" (n° 22343)

- M. Georges Dallemagne au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "les actions à mener pour lutter contre l'esclavage et les violations des droits des migrants en Libye" (n° 22509)

- M. Georges Dallemagne au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la proposition de résolution visant à mettre fin à l'esclavage et aux autres violations des droits de l'homme qui frappent les migrants en Libye" (n° 22510)

04 Samengevoegde vragen van

- de heer Philippe Blanchart aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de reddingsoperaties in de Middellandse Zee in internationale wateren" (nr. 21368)

- mevrouw Kattrin Jadin aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "het verhandelen van migranten op slavenmarkten in Libië" (nr. 22023)

- de heer Jean-Jacques Flahaux aan de staatssecretaris voor Asiel en Migratie, belast met Administratieve Vereenvoudiging, toegevoegd aan de minister van Veiligheid en Binnenlandse Zaken, over "de vluchtelingen uit sub-Saharisch Afrika die in Libië als slaven worden verhandeld" (nr. 22123)

- de heer Wouter De Vriendt aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de situatie in Libië" (nr. 22236)

- de heer Vincent Van Peteghem aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "onmenselijke behandelingen van Afrikaanse vluchtelingen in Libische kampen" (nr. 22240)

- mevrouw Gwenaëlle Grovonius aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de follow-up van de conferentie in Addis Abeba" (nr. 22338)

- de heer Philippe Blanchart aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de wreedheden in Libië" (nr. 22343)

- de heer Georges Dallemagne aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de acties tegen slavernij en mensenrechtenschendingen ten aanzien van migranten in Libië" (nr. 22509)

- de heer Georges Dallemagne aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "het voorstel van resolutie over het beëindigen van slavernij en andere mensenrechtenschendingen waarvan migranten in Libië het slachtoffer zijn" (nr. 22510)

 

04.01  Philippe Blanchart (PS): Madame la présidente, monsieur le ministre, nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer le problème relatif aux exactions commises en Libye. Je salue également  la proposition de résolution de mon collègue et ami, Georges Dallemagne, qui a été soumise lors de la dernière réunion plénière.

 

La France a demandé à  ce que le Conseil de sécurité de l'ONU se réunisse rapidement à propos des exactions commises contre les migrants en Libye, afin de brandir la menace de sanctions internationales si la justice libyenne ne sévit pas. Paris souhaite en effet que l'Organisation internationale des migrations et le Haut Commissariat aux réfugiés rendent public "l'état réel" de la situation en Libye, notamment en ce qui concerne la traite présumée de migrants.

 

Dès lors, monsieur le ministre, quelle est la position de la diplomatie belge à  ce sujet? Pouvez-vous nous en dire davantage sur l'état actuel de la situation des migrants en Libye et sur leurs droits? Comment exhortez-vous dans vos relations bilatérales les autorités libyennes à respecter les droits humains fondamentaux? Comment l'Union européenne va-t-elle agir, notamment à la suite des conclusions du sommet UE-Afrique?

 

En ce qui concerne l'aspect humanitaire, au mois d'août dernier, des ONG ont dû temporairement suspendre leurs opérations de recherche et de sauvetage de migrants en Méditerranée en raison de la création par la Libye le long de ses côtes d'une zone interdite sauf autorisation aux navires étrangers. C'est le cas, notamment, de l'ONG internationale Save the Children qui a emboîté le pas à Médecins Sans Frontières ainsi qu'à  l'ONG allemande Sea Eye.

 

Aussi, monsieur le ministre, face à cette décision libyenne, qu'en est-il des opérations humanitaires en mer méditerranée menées par les ONG et les conséquences sur les opérations de la mission européenne Sophia?

 

04.02  Kattrin Jadin (MR): Monsieur le ministre, même si nous avons déjà pu discuter dernièrement de cette problématique en séance plénière, il est important de refaire le point avec vous.

 

C'est avec une grande horreur que nous avons découvert ce que des journalistes de CNN ont filmé. Nous pouvons considérer qu'il s'agit d'une vente aux enchères de migrants, principalement en Libye.

 

Près de Tripoli, ils ont assisté à la vente d'une douzaine de personnes en quelques minutes contre des sommes d'argent variables. Les journalistes parlent de marché aux esclaves alors que les officiels libyens expliquent avoir entendu des rumeurs mais n'avoir rien pu constater de particulier.

 

L'ONU a directement dénoncé une situation inhumaine qui vient s'ajouter à une longue liste de dénonciation de violences, abus et tortures révélées par des observateurs de l'ONU en Libye.

 

Monsieur le ministre, quel est l'état actuel de la situation? Comment et par quels moyens, l'ONU va-t-elle réagir face ce constat assez choquant?

 

04.03  Jean-Jacques Flahaux (MR): Monsieur le ministre, je voudrais rappeler que très justement vous avez évoqué tout récemment en plénière le fait que, malheureusement, la problématique de l'esclavage ne se résume pas à la Libye et que de nombreux autres pays, comme la Mauritanie et d'autres, connaissent aussi pour l'instant ce phénomène de redéveloppement, si j'ose dire, de l'esclavage. Il n'en demeure pas moins que notre regard doit se porter aussi vers la Libye.

 

Mes questions étaient initialement destinées à M. Francken, secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration. Je lui demandais:

- quelle était la position de la Belgique à cette demande du président de la Commission de l'Union africaine qui réclamait une réunion d'urgence de l'ONU sur l'esclavage;

- s'il était, au sein de l'Union européenne, en charge de la politique des réfugiés en appui à cette demande de l'Union africaine;

- et quelles étaient les actions et initiatives menées par la Belgique à travers sa voix dans ce dossier.

 

Bien évidemment, le vice-premier ministre est mieux placé que le secrétaire d'État pour répondre à toutes ces questions!

 

04.04  Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen): Mijnheer Flahaux, dat zal natuurlijk van het antwoord afhangen.

 

Mijnheer de minister, morgen en overmorgen komt de Europese Raad samen om het te hebben over migratie. Het extraterritoriale zal wellicht ook op de agenda staan en hopelijk eveneens de situatie in de detentiekampen in Libië.

 

Ik wil graag bij u polsen naar het standpunt dat België zal innemen. Het Zweeds standpunt interesseert mij ook, want Zweden is een belangrijk land, maar dat zal ik via andere kanalen proberen te weten te komen. Vandaag vraag ik naar het Belgisch standpunt.

 

De collega's hebben al gezegd dat de rapporten verschrikkelijke gebeurtenissen vermelden, die zich al voordoen sinds de zomer van 2016 — zo heb ik mij laten vertellen —  maar pas recent terecht enige verontwaardiging uitlokken. Het gaat niet alleen over slavernij, maar ook over opsluiting, seksueel geweld, marteling. Betrokkenen zijn gewoon migranten, vluchtelingen die bescherming zoeken. Er liggen rapporten voor van de VN-mensenrechtencommissaris, er is een getuigenis van de arts Pietro Bartolo en er zijn de beelden van CNN.

 

Mijn vraag aan u en aan de Belgische regering is of u pleit voor een stopzetting van het akkoord tussen de Europese Unie en Libië over samenwerking met de Libische kustwacht? De detentie is immers een uitloper van dat akkoord. Collega Flahaux zegt dat er ook in Mauretanië slavernij bestaat, maar wat er nu in Libië gebeurt, is een rechtstreeks gevolg van de manier waarop wij vanuit Europa omgaan met migratie. Wij zullen nooit kunnen zeggen dat wij het niet wisten, want de rapporten bestaan al lang. Daarom vraag ik u of de Europese Unie de samenwerking met de Libische kustwacht zal stopzetten, zolang de verschrikkelijke detentieomstandigheden blijven duren. Welk standpunt zal België innemen?

 

Zult u er ook voor pleiten dat de Europese landen de kwestie onmiddellijk op de agenda van de Veiligheidsraad en de Mensenrechtenraad plaatsen?

 

Zult u ervoor pleiten dat de EU onmiddellijk intervenieert bij de Libische overheden om de migranten te beschermen en de detentie op te heffen?

 

Quid de repatriëringsoperaties die vanuit Libië kunnen worden opgezet om mensen naar hun land te doen terugkeren? Welke financiering zal daar tegenover staan?

 

Zal België deelnemen aan het hervestigingsplan voor de meest kwetsbaren, zoals dat in het kader van de taskforce is voorzien? Daarover heb ik overigens ook vragen gesteld aan staatssecretaris Francken en minister De Croo.

 

04.05  Vincent Van Peteghem (CD&V): Mevrouw de voorzitter, mijnheer de minister, bedankt voor het in overweging nemen van deze vraag.

 

De meeste aspecten zijn natuurlijk al aangehaald door mijn collega's.

 

Ik meen dat wij het beleid hier vandaag niet direct in vraag moeten stellen, zoals collega De Vriendt daarnet deed, maar dat wij natuurlijk wel moeten kijken naar wat er gebeurt in die kampen. Wat daar gebeurt is onmenselijk, onbegrijpelijk en onaanvaardbaar. Daar moet tegen opgetreden worden. Mensen zijn mensen. Zo'n misdadig optreden moeten wij durven in vraag stellen en wij moeten er durven tegen ingaan. Hiertegen moeten wij maatregel durven nemen.

 

Vandaar mijn volgende algemene vragen, mijnheer de minister.

 

Zijn de berichten die u krijgt correct? Wat zeggen de VN daarover? De Franse president Macron heeft al aangekondigd een spoedoperatie te zullen opzetten. Zal ons land daarin meestappen?

 

04.06  Georges Dallemagne (cdH): Monsieur le ministre, le 23 novembre dernier, je vous interrogeais en séance plénière sur les actions spécifiques que comptait mener votre gouvernement pour mettre fin aux marchés aux esclaves en Libye, un crime contre l'humanité, comme l'avait très justement précisé le président Macron, et, plus globalement, pour faire cesser immédiatement les nombreuses autres violations des droits humains dont sont victimes les réfugiés et les migrants présents en Libye, notamment suite à leur refoulement en coopération avec l'Union européenne. Vous aviez alors renvoyé à des mesures générales déjà prises par la Belgique mais qui ne sont pas spécifiques à la Libye et qui ont été jusqu'à présent inefficaces pour contrer la réapparition de ce type d'esclavage particulièrement choquant, où on voit des êtres humains vendus au plus offrant en fonction de leur condition physique. Depuis lors, trois semaines se sont passées et plusieurs réunions internationales (Union européenne, ONU, Union africaine) où ce point pouvait ou devait être abordé en urgence, ont eu lieu. D'autres sont prévues; M. De Vriendt y

a fait référence.

 

Monsieur le ministre, pouvez-vous m'indiquer les initiatives que vous avez prises auprès de nos partenaires européens et internationaux pour agir concrètement et rapidement pour mettre fin à ce commerce odieux en Libye? Quelle a été la teneur des discussions au sein du conseil Affaires étrangères de l'UE sur ce sujet? Quelles mesures précises ont-elles pu déjà être décidées pour venir en aide aux migrants en Libye et nous assurer qu'ils y soient traités de manière digne et respectueuse de leurs droits les plus élémen­taires? Parallèlement, les autorités libyennes avaient fait part de leur volonté de mettre fin à ces pratiques criminelles et avaient annoncé, le 19 novembre, l'ouverture d'une enquête qui devait aboutir le plus rapidement possible. Où en est cette enquête? Le gouvernement libyen a-t-il immédiatement pris des mesures concrètes afin de poursuivre les responsables de ces trafics d'êtres humains et afin de garantir le respect des droits des migrants?

 

Par ailleurs, j'avais une autre question relative à la proposition de résolution que j'avais déposée, visant à mettre fin à l'esclavage et aux violations des droits de l'homme qui frappent les migrants en Libye, et qui demandait notamment qu'on suspende le soutien européen au refoulement des migrants en Libye; qu'on se porte au plus vite au secours des victimes; qu'on leur apporte une aide humanitaire urgente; qu'on retrouve les coupables de ces actes abjects et qu'on les poursuive, au besoin devant la justice internationale; qu'on soutienne les efforts de l'Union africaine et des Nations Unies pour rapatrier dans leur pays d'origine les Africains qui le souhaitent ou qui ont été déboutés du droit d'asile. Mais de manière totalement incompréhensible et surtout inadmis­sible au vu des enjeux humanitaires urgents, la majorité a rejeté la demande d'urgence que j'avais formulée en plénière le 7 décembre dernier. Il était pourtant incontestable qu'il y avait urgence dans ce dossier. On ne peut donc pas encore débattre de ce texte en commission. Néanmoins, pouvez-vous m'indiquer la position de votre gouvernement sur les quelques demandes principales que je viens de mentionner et qui figurent dans cette proposition de résolution?

 

04.07  Didier Reynders, ministre: Madame la présidente, je voudrais réitérer ma condamnation la plus ferme face aux pratiques abjectes révélées par les images de CNN. J'ai déjà exprimé cette condamnation dans un communiqué de presse le 22 novembre et dans mon intervention en séance plénière à la Chambre le lendemain.

 

En plus de l'épuisement, de la soif et des accidents, le Haut Commissariat aux réfugiés et les organisations humanitaires attribuent les causes des décès le long de la route vers la Libye à des exécutions sommaires, des faits de torture, des mauvais traitements, des violences sexuelles, du travail forcé et de l'esclavage. Les mêmes organisations considèrent que ces atteintes aux droits de l'homme sont également perpétrées en Libye, à l'encontre de milliers de migrants en attente d'une traversée vers l'Europe. Le contexte politique et sécuritaire en Libye ne permet cependant pas aux organisations humanitaires, principalement le HCR, mais aussi à d'autres acteurs internationaux dont l'Organisation internationale des migrations, d'assurer une protection adéquate aux migrants qui se trouvent dans le pays. Beaucoup d'entre eux se trouvent dans des lieux auxquels ces organisations n'ont pas accès. Il peut s'agir soit de centres de détention officiels, soit de centres irréguliers, centres de transit ou maisons de passage gérés par des milices et des réseaux criminels, en ce compris de véritables esclavagistes qui considèrent les migrants comme une marchandise susceptible d'être exploitée, soumise au travail forcé ou exploitée sexuellement.

 

La Libye reste malheureusement caractérisée par l'impasse politique. Il s'agit d'un pays coupé en deux qui connaît une situation très instable sur le terrain tandis que la menace terroriste persiste. Pour toutes ces raisons, il est indispensable d'arriver à une solution politique inclusive et de soutenir pleinement dans ses efforts le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, M. Ghassan Salamé. Un plan d'action a été présenté fin septembre. La tâche ne sera pas facile mais M. Salamé est sur la bonne voie et l'ensemble de la communauté internatio­nale doit l'appuyer dans cette mission. Sur la question des traitements infligés aux migrants, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté à l'unanimité, le 21 novembre dernier, la résolution 2388 portant sur le trafic des êtres humains en contexte de conflit. Cette résolution vise notamment les flux financiers des trafiquants et appelle tous les pays à adhérer à la convention contre le crime transnational organisé. Le Conseil de sécurité a par ailleurs tenu une séance spéciale le 28 novembre au cours de laquelle, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, M. Filippo Grandi, ainsi que le directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations, M. William Swing, ont fait des recommandations afin de mettre un terme à la traite des migrants et des réfugiés en transit en Afrique.

 

Parmi ces recommandations figure la promotion du droit d'asile, le démantèlement des réseaux de trafiquants et un soutien accru aux autorités libyennes. Que ce soit via l'Union européenne ou bilatéralement, la Belgique plaide systématique­ment pour que les autorités libyennes redoublent d'efforts afin d'améliorer la protection des droits de l'homme, surtout des personnes les plus vulnérables. Le 10 décembre, la Belgique s'est ainsi associée à une déclaration d'une douzaine de partenaires internationaux, appelant notamment les autorités libyennes à enquêter sur les allégations d'esclavage de migrants et à publier les résultats de leurs enquêtes le plus rapidement possible.

 

À terme, nous considérons que les centres de détention en Libye doivent être fermés. Dans l'intervalle, nous appelons les autorités libyennes à garantir d'urgence à l'OIM et au HCR un accès sans entrave à l'ensemble des centres de détention, afin que ces organisations puissent accroître leur aide et améliorer les conditions de vie des migrants et des réfugiés.

 

Le 28 novembre, une réunion a eu lieu entre les ambassadeurs de l'Union européenne au COPS et les représentants de la Ligue arabe, où la Libye était présente et où ce message a été réitéré. La Libye a confirmé être prête à respecter les normes et standards internationaux.

 

België steunt uiteraard die inspanningen, maar wil ook verder gaan om de straffeloosheid te bestrijden. De Libische regering heeft een onderzoek geopend en ons land vraagt dat dit onderzoek zo snel mogelijk wordt afgerond. Mevrouw Fatou Bensouda, procureur van het Internationaal Strafhof, heeft recent haar intentie bekendgemaakt om een onderzoek te openen naar de misdaden die tegen migranten in Libië werden gepleegd. Wij denken dat de kwestie van de verwijzing naar het ISH zich meer dan ooit voordoet en wij zijn voorstander van de opening van een onderzoek door de procureur van het Internationaal Strafhof.

 

Er zijn verschillende EU-inspanningen aan de gang om de situatie van de migranten te verbeteren. België heeft een van de grootste bijdragen geleverd aan het EU Emergency Trust Fund for Africa. Via dat fonds is er een pakket van projecten ter waarde van 160 miljoen euro goedgekeurd, lang voor de publicatie van de beelden. Een groot deel van die projecten is bestemd voor de verbetering van de opvang in Libië zelf, het verschaffen van medische zorg, maar ook het assisteren van de mensen bij vrijwillige terugkeer.

 

Die acties worden geïmplementeerd door internationale organisaties, zoals UNHCR, UNICEF, IOM en UNDP, het Duits agentschap voor internationale samenwerking en consortia van ngo’s. De Europese donoren, met inbegrip van België door middel van zijn deelname aan de operationele comités, zien erop toe dat de mensenrechten deel uitmaken van de benadering in elk van de programma’s onder het Trust Fund, met inbegrip van de opvolging van de implementatie en de evaluatie. Wij moeten verder gaan met die rechtstreekse hulp aan de migranten zelf op het terrein door internationale en nationale organisaties.

 

En ce qui concerne les opérations de secours en mer, le droit maritime international comporte l'obligation de porter secours aux personnes en détresse en mer. La convention de Hambourg oblige les États côtiers de la Méditerranée à fournir des services de recherche et de sauvetage (Search and rescue).

 

La Libye a également ratifié cette convention de Hambourg. Le gouvernement libyen a récemment indiqué son souhait de l'appliquer en établissant sa zone de recherche et de sauvetage.

 

Chaque bateau, donc également ceux appartenant à des ONG, qui souhaite participer à des opérations de sauvetage en mer dans une zone de recherche et de sauvetage doit au préalable prendre contact avec le centre de coordination des secours en mer compétent pour cette zone et respecter les directives qui lui sont données.

 

Cette obligation a pour objectif d'organiser les opérations de sauvetage de la manière la plus performante possible et de sauver un maximum de vies.

 

L'Union européenne soutient, à travers le fonds fiduciaire pour l'Afrique, la mise en place par les autorités libyennes d'un centre de coordination des secours en mer performant. Le mandat de l'opération EUNAVFOR Sophia comporte parmi les tâches de la mission une participation à la formation des garde-côtes qui réalisent des interventions de secours dans la zone de recherche et de sauvetage libyenne.

 

Ceci a pour objectif d'aider les garde-côtes libyens à opérer de façon efficace et dans le respect du droit international. La décision prise en juillet 2017 de prolonger le mandat de la mission EUNAVFOR Sophia jusqu'au 31 décembre 2018 prévoit par ailleurs la mise en place d'un mécanisme de suivi des formations qui devrait assurer le caractère effectif et durable des principes qui sont dispensés dans le cadre de cette formation.

 

En marge du 5ème sommet Union européenne-Union africaine à Abidjan, un accord a été trouvé entre l'Union européenne, l'Union africaine et l'ONU en vue d'étendre le programme mené par l'OIM pour accélérer les retours volontaires des migrants se trouvant dans les centres de détention en Libye vers le pays d'origine ou en ce qui concerne des réfugiés, pour les relocaliser dans d'autres pays. L'Union européenne fournira dans ce cadre l'appui financier et logistique tandis que les pays africains se sont notamment engagés à envoyer du personnel consulaire sur place pour faciliter l'identification des migrants.

 

On a observé depuis lors une augmentation notable du nombre de retours volontaires.

 

Ik heb al gezegd, in deze commissie en in de plenaire vergadering, dat wij dat konden vaststellen bij ons bezoek aan Mali en Tsjaad. Wij hebben in Bamako vluchtelingen, of migranten, gezien die hadden beslist terug te keren naar hun eigen land. Er zijn nu meer en meer programma's in dat verband opgestart.

 

Au cours d'une réunion de suivi à Addis-Abeba, le 4 décembre dernier, rassemblant l'Union européenne, l'OIM et le HCR à l'invitation de l'Union africaine, une task force opérationnelle tripartite Union européenne-Union africaine-ONU a été créée à cet effet. Celle-ci se réunira demain à Bruxelles sous la présidence de la Haute-Représentante Federica Mogherini.

 

Nous allons tout d'abord continuer à travailler de cette façon à une solution politique.

 

Alleen via een politieke oplossing in Libië kan er een einde komen aan de acties van de milities en van de criminele organisaties daar. Tot nu toe zijn er echter een aantal plaatsen waar het voor de internationale gemeenschap onmogelijk is om naartoe te gaan.

 

Wij proberen in eerste instantie steun te bieden aan alle inspanningen voor een politieke oplossing. In tweede instantie zijn wij bereid hulp te bieden aan alle acties die in Libië een betere opvang realiseren en die betere omstandigheden creëren voor de migranten. Dit doen wij via verschillende organisaties. Wij zullen de hulp in Libië niet stopzetten. Ik bedoel dan niet de hulp aan de Libische regering, maar de hulp aan de vele organisaties die daar op het terrein aan het werk zijn. Ik meen dat het zeer belangrijk is dat te doen. In derde instantie zetten wij de operaties voort waardoor de migranten zoveel mogelijk naar hun eigen land teruggestuurd worden. Dat gebeurt ook op vraag van vele migranten. Dat is mij bevestigd gedurende ons bezoek aan Mali en Tsjaad. Naast zorgen voor betere opvang, zorgen wij voor een betere organisatie van de terugkeer naar het land van herkomst.

 

Au-delà de cet aspect, lors du Sommet européen des deux prochains jours se tiendra un débat sur la politique migratoire. Cependant, je puis déjà vous dire qu'il sera plus que probablement dépourvu de conclusions. Il abordera surtout le volet de la réforme du droit d'asile à l'intérieur de l'Union européenne.

 

Pour le reste, nous allons évidemment suivre et accompagner, si possible, tous les débats qui pourraient se dérouler au Conseil de sécurité des Nations Unies, puisque la France a entrepris cette démarche. Nous verrons s'il est possible d'aller plus loin dans ce cadre.

 

En tout cas, je le répète, les initiatives prises par l'Union européenne le sont en collaboration avec l'Union africaine et les Nations unies, à travers la mise à disposition d'une aide par des canaux d'organisations internationales sur le terrain, d'ONG ou d'organisations nationales.

 

04.08  Philippe Blanchart (PS): Monsieur le ministre, je vous remercie pour votre réponse descriptive très complète.

 

Je vous rejoins sur le fait que l'esclavage ne se limite pas à la Libye et à ses frontières. C'est un problème beaucoup plus large et grave que cela, ainsi que le phénomène migratoire. Depuis des années, chaque année, des dizaines de milliers de personnes tentent de rejoindre l'Europe via la Libye. Même si l'Italie est satisfaite de la diminution du nombre de migrants sur son territoire, puisqu'il a été divisé par deux cette année, il sont encore nombreux à donner tout ce qu'ils possèdent pour passer et traverser la mer pour venir en Europe.

 

Ce qui est à souligner, à mon sens, c'est que le traitement infligé aux Africains subsahariens en Libye est la conséquence vertigineuse de l'idée qu'un Noir peut être acheté, vendu et torturé sans susciter le moindre état d'âme. C'est une croyance profonde et inacceptable, une logique implacable qui, nous le savons tous, prévaut depuis des siècles et qui justifiait déjà la traite arabe et transatlantique.

 

Il aura fallu la conjonction d'éléments tout à fait prévisibles – d'un côté, l'appel d'air d'une Europe vieillissante en mal de travailleurs bon marché et de l'autre, une jeunesse asphyxiée par la corruption et la veulerie des gouvernements africains – pour que les routes de la honte s'ouvrent à nouveau à travers le Sahara jusqu'à la Méditerranée et que refleurissent les vieux obscurantismes. Car si les déplacements de populations à l'intérieur de l'Afrique ont toujours existé, la ruée vers l'Europe, elle, s'est dramatiquement accentuée ces dernières années. C'est un constat que nous faisons tous.

 

Comme vous l'aviez dit tout à l'heure, la situation en Libye est une impasse politique, dont il est impératif de sortir.

 

04.09  Jean-Jacques Flahaux (MR): Monsieur le ministre, merci pour cette réponse très complète et fouillée.

 

Il est clair que le parlement et le gouvernement belges peuvent s'enorgueillir de mener volontaire­ment des actions dans toutes les questions relatives aux droits de l'homme, que ce soit pour la dépénalisation de l'homosexualité, la peine de mort et l'esclavage.

 

Nous devons être intraitables dans ce dernier domaine. C'est un combat mené d'abord par des missions évangéliques au XVIIIe siècle. Pour les pays francophones, il a paradoxalement fallu la Révolution française pour qu'il y soit mis fin et aussi la guerre de Sécession aux États-Unis. Le Brésil a dû attendre les années 1880 pour y voir l'abolition de l'esclavage.

 

Mais c'est encore une réalité. On se grandit tous ici. Entendre que tant de personnalités de différents partis abordent le sujet me fait plaisir. Ce ne sont pas des critiques vis-à-vis du ministre, mais des soutiens à l'action qu'il mène et pourra encore mener dans les prochaines semaines et prochains mois.

 

04.10  Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen): Mijnheer de minister, uit uw antwoord begrijp ik toch een en ander niet. U zegt dat er een politieke impasse is in Libië, maar toch besteedt de Europese Unie zijn migratiepolitiek uit aan dat land. Libië heeft geen enkele controle over zijn grondgebied, over de milities, zelfs niet over zijn kustwacht en de detentiekampen. Dat is al maanden zo.

 

Wij kunnen wel het standpunt innemen dat Libië de detentiekampen moet sluiten en dat Libië de omstandigheden voor de migranten moet verbeteren, maar het gebeurt niet, onder andere omdat de Libische overheid zelf dat niet kan en die capaciteit niet heeft. Het probleem is dus veel fundamenteler. Natuurlijk moet er een politieke oplossing komen, maar het land is gewoon niet in staat dat te doen.

 

Het fundamentele probleem is dat Europa de uitbesteding van zijn migratiepolitiek aan Libië moet stoppen, dat het betreffende akkoord opgeheven moet worden zodat er opnieuw reddingsoperaties kunnen gebeuren in de Middellandse Zee door de Europese Unie en door Europese landen. Die operaties mogen niet meer worden toevertrouwd aan de Libische kustwacht, want die redt mensen om hen dan gewoon op te sluiten in Libië, in de detentiekampen waarover wij hier allemaal zo verontwaardigd zijn. Dat is vandaag de realiteit.

 

Laat ons dit een halt toeroepen. Laat ons zelf opnieuw reddingsoperaties organiseren. Laat ons er ook voor zorgen dat er opnieuw een veilige landroute komt naar de Europese Unie, niet door de grenzen wagenwijd open te zetten, maar door hotspots in te richten, zodat het recht op asiel tenminste gegarandeerd wordt. Men zal maar een oorlogsvluchteling uit Eritrea zijn die aankomt in een detentiekamp in Libië, die daar dan opgesloten wordt en zelfs de kans niet heeft om asiel aan te vragen. Die oorlogsvluchteling wordt nu gestopt in Libië, buiten de grenzen van Europa en kan zelfs geen asiel aanvragen, terwijl de kans heel groot is dat hij asiel zou kunnen krijgen. Hij geraakt echter nergens waar hij dat asiel zou kunnen aanvragen. Er is toch een fundamenteel probleem met die aanpak?

 

Ik weet niet of het morgen of overmorgen toch nog ter sprake zou kunnen komen in de Europese Raad, maar ik wil u vragen om namens België dat standpunt te verdedigen. Wat u zegt over een politieke oplossing heeft geen enkele zin. Het kan niet. Wij moeten stoppen met ons migratiebeleid uit te besteden aan een land dat overduidelijk niet in staat is om dat uit te voeren.

 

04.11  Vincent Van Peteghem (CD&V): Mijnheer de minister, bedankt voor uw volledig antwoord.

 

Ik denk dat u heel duidelijk bent geweest in uw antwoord op mijn vraag over de situatie in de kampen. U vindt dat we de straffeloosheid moeten bestrijden. Slavenhandel en verkoop van vluchtelingen kunnen niet. U oefent ook druk uit op de Libische autoriteiten om dat onderzoek snel af te werken en u wilt dat er ook middelen worden uitgetrokken om de situatie van de vluchtelingen te verbeteren. Dat zijn voor mij belangrijke punten. Ik ben ook heel blij dat u sterk veroordeelt wat daar gebeurt. Dit kan inderdaad niet, het gaat immers om mensen.

 

04.12  Georges Dallemagne (cdH): Monsieur le ministre, vous décrivez une situation qui reste d'une brutalité absolument hallucinante à l'égard de ces migrants en Libye. Mon collègue De Vriendt a parfaitement raison. Nous avons un problème majeur: nous sous-traitons notre politique migratoire avec un gouvernement, dont on dit qu'il ne contrôle pas complètement la situation tout en restant un interlocuteur politique important pour l'Union européenne.

 

Je rejoins aussi le diagnostic des grandes ONG, qui nous targuent d'avoir une grande "complicité", en tout cas une responsabilité très importante dans la manière dont les choses se déroulent aujourd'hui à l'égard de ces migrants. Ce problème est extrêmement grave et des plus préoccupants. Il faut pouvoir l'affronter et trouver des solutions différentes de celles actuellement proposées. Il est inacceptable de mettre en place des dispositifs, alors que nous reconnaissons que ces exactions se poursuivent et que, finalement, nous n'avons toujours pas accès à ces camps de détention. En réalité, nous continuons à mettre en œuvre une politique aux conséquences humaines tragiques.

 

Nous ne devons pas admettre cette situation. Nous devons trouver des mécanismes qui permettent de sortir de cette situation vraiment insupportable et qui permettent effectivement de mettre fin rapidement à ces marchés aux esclaves. Il y va de la dignité de l'Europe, mais surtout de la vie d'êtres humains, qui est aujourd'hui quotidiennement mise en danger en Libye. Nos paroles d'argent sont suivies d'actes de plomb. Ceux-ci sont insuffisants au regard de cette situation et ne permettent visiblement pas de l'arrêter de manière efficace.

 

L'incident est clos.

Het incident is gesloten.

 

De voorzitter: Mocht de heer Luykx nog binnen­komen, dan kan hij zijn vraag nr. 21561 stellen. Vraag nr. 21590 van de heer Vandenput wordt omgezet in een schriftelijke vraag.

 

05 Questions jointes de

- M. Philippe Blanchart au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "le suivi de la situation en Tchétchénie" (n° 21622)

- M. Jean-Jacques Flahaux au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la traque des homosexuels en Tchétchénie" (n° 22141)

05 Samengevoegde vragen van

- de heer Philippe Blanchart aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de opvolging van de situatie in Tsjetsjenië" (nr. 21622)

- de heer Jean-Jacques Flahaux aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de jacht op homo's in Tsjetsjenië" (nr. 22141)

 

05.01  Philippe Blanchart (PS): Monsieur le ministre, je me dois déjà de revenir vers vous concernant la situation en Tchétchénie, qui reste dramatique. Les témoignages se multiplient. En effet, selon plusieurs informations, le chanteur russe Zelim Bakaev aurait été retrouvé mort dans un camp tchétchène, après avoir été torturé par la police en raison de son homosexualité. Il est porté disparu depuis le 8 août dernier.

 

De plus, pour la première fois, au début du mois d'octobre, une des victimes des persécutions s'est exprimée publiquement, à visage découvert, sur les violences perpétrées par la police lors d'une conférence tenue par la presse à Moscou, dans les locaux du journal Novaïa Gazeta, qui a révélé l'affaire. La déléguée russe pour les droits de l'homme a annoncé avoir reçu cette première plainte et l'avoir remise au comité d'enquête russe chargé des principales investigations dans le pays.

 

Monsieur le ministre, nous avons parlé récemment des démarches que vous avez entreprises par rapport au suivi de la proposition de résolution déposée par mon groupe, adoptée à l'unanimité. Au regard de ce nouveau drame, quelles sont les nouvelles démarches auprès de la communauté internationale? Se sont-elles intensifiées et accélérées? Avez-vous davantage d'informations sur les procédures d'enquêtes ouvertes par le comité russe chargé des investigations en Tchétchénie et sur leur suivi?

 

05.02  Jean-Jacques Flahaux (MR): Madame la présidente, monsieur le vice-premier ministre, je ne vais pas redire tout ce qui a été déjà dit intelligemment par mon collègue. Sauf que, bien entendu, les confirmations ont été données qu'après torture, il a bien été tué.

 

Cette problématique est bien plus large que celle de la Tchétchénie. Elle est à élargir à l'ensemble de la Russie, même si, dans ce pays, elle prend des accents plus violents, plus graves. Dans le reste de la Russie, c'est un substrat de l'ensemble de la société russe qui, comme en Pologne, fait une marche vers le passé, avec des éléments patriotes ou nationalistes, qui considèrent que tout ce qui n'est pas orthodoxe, hétérosexuel, etc. doit être proscrit.

 

D'où les difficultés aussi, par exemple, pour les catholiques de vivre normalement en Russie. Et donc, je pense que là, la situation va être extrêmement difficile d'ici les élections russes – soyons clairs – mais qu'il faut effectivement qu'une enquête internationale puisse être menée. Difficile parce que dès que l'on parle de ce genre de choses, M. Poutine se drape dans un "tissu" nationaliste qui renforce encore cet élément que tout ce qui n'est pas "pur et dur" est le résultat d'une sorte d'influence de l'étranger et donc à proscrire.

 

Je me suis permis d'élargir le questionnement par rapport à l'intitulé de ma question, car elle ressemblait terriblement à celle de M. Blanchart et que, plus fondamentalement, le problème existe en Russie, qui est plus large que la Tchétchénie.

 

05.03  Didier Reynders, ministre: Madame la présidente, chers collègues, comme je l'avais déjà évoqué précédemment, nous suivons la situation des personnes LGBTI en Tchétchénie avec beaucoup d'attention et, dans ce cadre, nous sommes en contact constant avec des ONG qui suivent la question, notamment à Moscou.

 

De ces contacts, nous retenons qu'il n'y a à présent plus d'indications de persécutions à l'échelle que nous avons constatée au printemps. Je dis bien: "à cette échelle". Mais un nombre de cas individuels particulièrement alarmants nous reviennent cependant et nous continuons à suivre cette question de près.

 

Le cas spécifique de M. Bakaev – disparu, mais dont aucune communication officielle ne confirme le sort – et les révélations de M. Lapounov constituent d'importants nouveaux dossiers à charge. Si, suite à nos démarches précédentes, nous avions pu voir une timide évolution positive au niveau de l'enquête officielle, avec l'implication plus importante de la commissaire Moskalkova et la transmission par celle-ci du dossier de M. Lapounov au président du comité d'enquête, force est malheureusement de constater que l'affaire ne semble plus avoir connu, depuis, de développements positifs; je dirais même au contraire.

 

Face à ce constat inquiétant, nous cherchons actuellement la meilleure approche pour débloquer la situation. Nos démarches, si elles ont initialement semblé porter des fruits, se heurtent actuellement à un mur. Nous regardons donc avec nos partenaires européens quelles sont les autres options qui s'offrent à nous, en privilégiant à ce titre les mécanismes internationaux des Nations unies, du Conseil de l'Europe et de l'OSCE. En attendant de trouver un levier approprié qui puisse avoir un impact durable sur la situation des personnes LGBTI en Tchétchénie, la Belgique, aux côtés d'autres pays like-minded, continuera, en outre, à travailler à l'accueil et à la protection des victimes de ces exactions.

 

Président: Dirk Van der Maelen.

Voorzitter: Dirk Van der Maelen.

 

Je dois reconnaître que nous avons mené une série d'actions, y compris sur le plan bilatéral, mais nous nous retrouvons maintenant face à un blocage qui semble complet dans l'évolution de ce dossier. Nous allons examiner avec d'autres partenaires si d'autres voies auront plus d'effets sur l'évolution de la situation, même si elle paraît moins dramatique qu'au printemps. Cependant, si des enquêtes ne sont pas menées et n'aboutissent pas à des poursuites et à des condamnations, la persécution des personnes LGBTI va se poursuivre.

 

05.04  Philippe Blanchart (PS): Monsieur le ministre, je vous remercie.

 

Nous avons la même analyse sur ce dossier. Les leviers pour régler ce type de problème, comme dans beaucoup de dossiers qui concernent la périphérie de la Russie, se trouvent précisément dans ce pays. En Tchétchénie, il est plus grave d'être gay que terroriste et en Russie, on va dire que c'est dangereux. Nous nous trouvons face à une logique qui, si elle s'adresse aux homosexuels, s'adresse également à d'autres catégories de personnes. Il s'agit clairement de la logique d'un régime totalitaire que nous devons solidairement combattre par tous les moyens.

 

05.05  Jean-Jacques Flahaux (MR): Monsieur le président, je remercie également M. le ministre qui, très diplomatiquement et très intelligemment, s'est limité à la question de base.

 

Je sais que ses contacts bilatéraux permettent souvent, comme dans le cas d'autres pays, de faire progresser les dossiers. Je remarque que la notion de "Touche pas à ma sainte Russie" est très important dans ce pays, ce qui signifie qu'à mon sens, à titre personnel et non politique, nous avons eu raison, lors de la crise de la Crimée, de prendre des sanctions. Cependant, j'estime qu'il faut renouer et développer les liens pour faire changer la Russie.

 

Het incident is gesloten.

L'incident est clos.

 

06 Samengevoegde vragen van

- mevrouw Fatma Pehlivan aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de beslissing van Burundi om uit het Internationaal Strafhof te stappen" (nr. 21699)

- de heer Peter Luykx aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de Belgische promotieweek in Burundi" (nr. 21811)

- de heer Stéphane Crusnière aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de toekomstige wijziging van de Burundese Grondwet" (nr. 21814)

- mevrouw Els Van Hoof aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de wijziging van de Burundese Grondwet" (nr. 21896)

- mevrouw Rita Bellens aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "Burundi en het Internationaal Strafhof" (nr. 22264)

06 Questions jointes de

- Mme Fatma Pehlivan au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la décision du Burundi de se retirer de la Cour pénale internationale" (n° 21699)

- M. Peter Luykx au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la semaine promotionnelle belge au Burundi" (n° 21811)

- M. Stéphane Crusnière au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la future modification de la Constitution au Burundi" (n° 21814)

- Mme Els Van Hoof au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la modification de la Constitution burundaise" (n° 21896)

- Mme Rita Bellens au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "le Burundi et la Cour pénale internationale" (n° 22264)

 

De voorzitter: De heer Luykx is niet aanwezig.

 

06.01  Fatma Pehlivan (sp.a): Mijnheer de minister, op 27 oktober heeft Burundi zich teruggetrokken uit het Internationaal Strafhof. Het is het eerste land, dat die stap heeft genomen.

 

Het Burundese regime van Pierre Nkurunziza heeft die maatregel genomen, omdat het strafhof het geweld, de moorden en verdwijningen onderzocht die in 2015 in de aanloop naar en in afloop van de verkiezingen, plaatsvonden; misdaden die tot vandaag in het land worden herhaald.

 

De schade is minder erg dan had gekund, want ook Gambia en Zuid-Afrika hebben gedreigd om samen met Burundi op te stappen, maar dat is gelukkig niet gebeurd. In Gambia werd dictator Jammeh verdreven door soldaten onder het ECOWAS-mandaat en in Zuid-Afrika werd populistische president Zuma klem gezet door het Zuid-Afrikaanse gerechtshof.

 

Meneer de minister, de schade is beperkt gebleven tot een land, maar de angst dat andere landen zullen volgen, is reëel. Verschillende Afrikaanse regimes hebben in het verleden gedreigd om het lidmaatschap van het strafhof op te zeggen, maar durfden de stap niet te zetten. Daar kan verandering in komen na de keuze van Burundi.

 

Het Internationaal Strafhof heeft in het verleden vaak kritiek gekregen, omdat het te weinig daadkracht had en te weinig politieke steun ontving. Zal België zijn beleid aanpassen, nu een eerste land het strafhof verlaten heeft? Welke stappen zette u reeds en zult u ondernemen om andere landen ervan te overtuigen het strafhof niet te verlaten?

 

Ondanks het feit dat Burundi het strafhof heeft verlaten, gaat het onderzoek naar misdaden tijdens en na de verkiezingen van 2015 verder. Hoe steunt België de voortzetting van het onderzoek?

 

06.02  Stéphane Crusnière (PS): Monsieur le président, monsieur le ministre, je me permets de vous interroger concernant le projet de modification de la Constitution au Burundi.

 

Lors d'une réunion extraordinaire du Conseil des ministres du 24 octobre dernier, un projet de révision de la Constitution a été adopté. Il est prévu qu'un référendum soit organisé en février 2018 au plus tard, si mes informations sont correctes, pour avaliser cette révision. Le projet de modification de la Constitution prévoit notamment que le président puisse briguer plusieurs autres mandats. Même si l'important équilibre ethnique au sein du gouvernement et des assemblées semble maintenu, la structure du gouvernement a également été modifiée.

 

Monsieur le ministre, dans les semaines et mois à venir, et dans le contexte tendu que nous connaissons déjà, comment la Belgique se positionnera-t-elle face à une telle demande de modification potentielle de la Constitution burundaise?

 

06.03  Els Van Hoof (CD&V): Mijnheer de minister, mijn vraag is dezelfde als van de heer Crusnière.

 

Op 24 oktober werd een grondwetswijziging goedgekeurd door de Burundese regering. De verkozen president krijgt daardoor voorrechten en het valt af te wachten wat die inhouden. Duidelijk is wel dat Nkurunziza zich verkiesbaar zal blijven stellen tot 2034. Gezien het klimaat van geweld en van onderdrukking van de oppositie is dat een zorgwekkende evolutie en vraagt de grondwetswijziging om een standpunt ter zake door de Belgische regering.

 

Wat is ons standpunt? Welke stappen zullen wij ondernemen via diplomatieke kanalen om de repressie van de oppositie en de democratie aan te kaarten?

 

06.04  Rita Bellens (N-VA): Mijnheer de minister, sinds 2016 rommelt het tussen een aantal Afrikaanse landen en het Internationaal Strafhof in Den Haag. Verscheidene landen hebben er in het verleden al mee gedreigd om het Statuut van Rome op te zeggen. Einde oktober besliste Burundi om zich terug te trekken uit het hof, het gevolg van een stemming die er al vorig jaar in het Burundese parlement gebeurde. Burundi is een belangrijke partner voor ons buitenlands beleid in het kader van onze strategische nota inzake Centraal-Afrika en is ook een belangrijke partner in de federale ontwikkelingssamenwerking.

 

Ik heb dus enkele vragen over de betrekkingen tussen ons land en Burundi.

 

Hoe schatten uw diensten het risico in dat andere landen Burundi zullen volgen en ook het Statuut van Rome opzeggen, in het bijzonder onze partnerlanden, in?

 

Op welke wijze valt aansluiting bij het Statuut van Rome onder het concept van eerbiediging van mensenrechten? Is dat voor ons een cruciaal punt of zelfs een breekpunt om een land als partnerland te beschouwen?

 

Wat is het standpunt van de regering ten opzichte van partnerlanden die desgevallend het statuut opzeggen? Op welke wijze hypothekeert dat de samenwerking?

 

Kan en zal ons land een bemiddelende rol spelen bij de dialoog tussen het Internationaal Strafhof en landen die besloten hebben te vertrekken?

 

06.05  Didier Reynders, ministre: Monsieur le président, chers collègues, vous l'avez tous mentionné, la situation au Burundi reste très préoccupante. Comme l'a montré le récent rapport de la commission d'enquête des Nations Unies, les violations des droits de l'homme se poursuivent, l'opposition et la société civile sont malmenées, il n'y a pas de mesure d'ouverture politique et la population souffre d'une situation économique catastrophique.

 

Après neuf mois de statu quo au niveau des négociations, la médiation de l'East African Community a tenu, du 27 novembre au 8 décembre, une réunion à Arusha pour tenter de trouver un accord de sortie de crise. Hélas, les autorités burundaises avaient envoyé une délégation de faible niveau et n'ont voulu faire aucune concession, car elles estiment qu'il n'y a pas de crise au Burundi.

 

De plus, seule l'opposition de l'intérieur était présente, l'opposition et la société civile en exil ont refusé de se rendre à Arusha et avaient demandé un report de la réunion. Il n'y a donc eu aucune réelle négociation et le gouvernement burundais a déjà fait savoir qu'il ne souhaitait plus participer à d'autres réunions de ce type à l'étranger.

 

L'avenir de la médiation de l'East African Community n'est pas encore clair. Le facilitateur Benjamin Mkapa n'a pas encore officiellement jeté l'éponge et aurait même manifesté l'intention d'organiser une autre réunion à Entebbe. Il présentera un rapport aux chefs d'États de l'East African Community en janvier. L'attitude de la région, et principalement de l'Ouganda et de la Tanzanie, sera déterminante. Si la région exerce la pression nécessaire, toutes les parties seront forcées de négocier. C'est pourquoi il est important de parler avec cette région. Il faut saluer les efforts dans ce sens de l'envoyé spécial de l'ONU Michel Kafando, avec lequel j'ai eu l'occasion d'échanger à ce sujet.

 

De son côté, la Belgique déploie tous les efforts pour garder la crise burundaise à l'agenda de la communauté internationale. J'ai eu l'occasion d'évoquer le Burundi dans plusieurs réunions internationales récentes: lors de la réunion de la Francophonie à Paris et au sommet Union européenne – Union africaine à Abidjan. Notre envoyé spécial pour les Grands Lacs a pu aussi en discuter avec ses collègues lors de la réunion du Groupe de contact Grands Lacs, qui a eu lieu à Londres la semaine dernière.

 

Nous avons, en général, une excellente coordination avec l'Union européenne et les quelques États membres de l'Union impliqués au Burundi. Tant que la situation n'évolue pas favorablement, nous devons maintenir les pressions, y compris les mesures prises dans le cadre de l'article 96 de l'accord de Cotonou, qui sont régulièrement prolongées.

 

Nous devons, dans le même temps, garder les canaux de communication ouverts avec le Burundi, pour le convaincre qu'il est dans son intérêt de revenir sur le chemin de la démocratie et de l'ouverture politique. Je ne vous cache pas que le dialogue est de plus en plus difficile, mais j'ai poursuivi encore mes contacts avec mon homologue burundais à plusieurs reprises ces derniers mois.

 

En ce qui concerne la révision constitutionnelle, le gouvernement a lancé ce processus ce mardi, mais sans présenter le texte. Nous savons juste qu'un référendum sera organisé en février prochain. Le Burundi a parfaitement le droit de réviser sa Constitution, mais le moment choisi est vraiment inopportun: le pays est en crise, la majeure partie de l'opposition est en exil et les droits de ceux qui sont restés ne sont pas respectés. Il y a plus de 400 000 réfugiés burundais dans les pays environnants.

 

Un tel processus doit être le plus inclusif et le plus transparent possible et se dérouler dans un contexte approprié. C'est pour cette raison que le sommet de l'East African Community avait demandé, en 2015 déjà, au Burundi de ne pas modifier sa Constitution.

 

Le lancement de cette révision constitutionnelle éloigne encore plus la possibilité d'une solution négociée à la crise. C'est d'ailleurs pour marquer notre inquiétude que les ambassadeurs de l'Union européenne ne se sont pas rendus à la cérémonie de lancement de cette révision constitutionnelle, à laquelle ils étaient invités.

 

Enfin, j'insiste sur le fait que cette nouvelle Constitution devra respecter l'accord d'Arusha, en particulier l'esprit de cet accord qui a permis de maintenir pendant plusieurs années une forme de stabilité et de cohésion.

 

De beslissing van Burundi om zich uit het Statuut van Rome terug te trekken is betreurenswaardig. Inmiddels kondigde het Internationaal Strafhof aan dat er een onderzoek werd gelanceerd naar eventuele misdaden tegen de menselijkheid in Burundi. Ik zal mij niet uitspreken over lopende procedures. België was echter actief betrokken bij de onderhandelingen die voorafgingen aan de aanvaardig van het Statuut van Rome inzake het Internationaal Strafhof. Sinds de oprichting in 2002 heeft België het hof steeds gesteund, ook via gerechtelijke samenwerking. Wij zullen dit blijven doen gezien het belang van de strijd tegen de straffeloosheid.

 

De kritiek waarnaar u verwijst heeft vooral in sommige Afrikaanse landen en organisaties weerklank gevonden. Ik kan alleen vaststellen dat het doorgaans Afrikaanse landen zijn die zaken aanhangig hebben gemaakt bij het hof. Voorts vormen de Afrikaanse staten met 33 landen nog altijd de grootste geografische groep in de vergadering van de staten die partij zijn.

 

Ik wil, ten slotte, ook verwijzen naar de recente verklaring van hooggeplaatste vertegenwoordigers van dertien landen uit West- en Centraal Afrika, in Niger, waarbij zij hun steun aan het hof opnieuw bevestigen.

 

Ik heb in het verleden altijd gezegd — ik het nog contacten gehad in Abidjan in dat verband — dat wij met de Afrikaanse landen besprekingen moeten hebben over een mogelijke regionale organisatie van het hof. Ik heb altijd gezegd dat het, zonder enige contradictie met de bevoegd­heden van het Internationaal Strafhof, perfect mogelijk is om lokaal nationale procedures te volgen. Waarom dan ook geen regionale procedures, bijvoorbeeld wat Afrika betreft? Dat is ook mogelijk voor andere regio's.

 

Ik heb in dat verband geen formeel voorstel, maar een gesprek daarover met de Afrikaanse Unie is mogelijk. Wij moeten proberen dat te organiseren. Dat is volgens mij een waarborg om meer dan die 13 landen uit West- en Centraal Afrika aan boord te krijgen. De laatste jaren hebben wij in veel Afrikaanse landen dezelfde reactie gezien. Men zegt dat het Internationaal Strafhof er bijna alleen voor Afrika is. Dat is niet juist, wij hebben dat recent nog gezien in andere zaken. Toch is die reactie er. Mijn persoonlijke reactie, die ik in mijn contacten met Afrikaanse landen al veel gegeven heb, is dat een gesprek over een dergelijke tussenorganisatie mogelijk moet zijn. Tussen het nationaal niveau en dat van het Internationaal Strafhof kan er dan een regionale actie komen. Tot nu toe hebben wij geen concrete evolutie gezien in dat verband.

 

Ik kom tot mijn antwoord op de vraag van de heer Luykx.

 

Onze Belgische week werd door de autoriteiten in Burundi verboden, wat ik betreur. Een eerste reden voor dit besluit, is de organisatie van een vergadering over Burundi in het Europees Parlement waarbij alleen de oppositie aanwezig was. Een tweede reden voor het besluit, is de aankondiging, door het Internationaal Strafhof, van de opening van het onderzoek over Burundi. Deze twee gebeurtenissen worden ten onrechte aan ons toegeschreven.

 

De Belgische week die al jaren bestaat, heeft niet tot doel om de relaties met het regime te versterken, maar wel om de diversiteit en de relaties tussen onze twee volkeren te beklemtonen. Het is tevens een manier om de negatieve perceptie over ons land te keren en het Burundese volk, dat een moeilijke periode doormaakt, eraan te herinneren dat België hen nog steeds steunt. Ik kan, wanneer het gaat over vrijheid van meningsuiting en van vergadering, alleen het contrast tussen onze beide landen vaststellen. Anderzijds proberen wij nog steeds via ontwikkelingssamenwerking directe hulp te bieden aan de bevolking. Het is dezelfde redenering als ten opzichte van andere landen die in moeilijke situaties verkeren. Wij proberen altijd hulp te bieden aan een bevolking die zich in moeilijkheden bevindt.

 

06.06  Fatma Pehlivan (sp.a): Mijnheer de minister, ik kan het eens zijn met uw manier van aanpak. Ik zal dit thema verder opvolgen, want ik betreur het dat Burundi het Internationaal Strafhof heeft verlaten.

 

Ik ben van mening dat de dialoog moet blijven worden gevoerd en dat de deur altijd moet openstaan, zodat men niet het gevoel krijgt dat het Internationaal Strafhof alleen voor Afrikaanse landen bestaat. In sommige landen heeft men dat gevoel, zoals u zei. De taak van het Internationaal Strafhof is echter om over de hele wereld misdaden tegen de mensheid te bestrijden. Alle landen waar zulke misdaden voorkomen, zouden door het Internationaal Strafhof behandeld moeten kunnen worden. Hopelijk zorgt het afhaken van Burundi niet voor een kettingreactie.

 

06.07  Stéphane Crusnière (PS): Je remercie le ministre pour sa réponse.

 

06.08  Els Van Hoof (CD&V): Mijnheer de minister, de grondwetsherziening is natuurlijk onrustwekkend. Ook al weten wij niet wat ze inhoudt, wij kunnen het wel raden. Ook inzake Burundi moet men de nodige waakzaamheid aan de dag leggen. Een goed uitgangspunt is dat de Arusha-akkoorden inderdaad als basis moeten dienen voor de Belgische houding. U hebt het belang van de Arusha-akkoorden ook duidelijk aangegeven.

 

De Burundese bevolking moet ook correct worden ingelicht over de Belgische houding. Via onze diplomatie moet duidelijk worden gemaakt dat wij de nodige inspanningen willen leveren voor de Burundese bevolking.

 

06.09  Rita Bellens (N-VA): Mijnheer de minister, ik heb in het verleden al een aantal keren vragen gesteld over Afrikaanse landen die te kennen geven uit het Internationaal Strafhof te willen stappen. Het antwoord was steeds dat het zo'n vaart niet zou lopen. Wel, vandaag is het een feit. Het is geen goed teken. Het risico is dat het een soort domino-effect creëert bij andere Afrikaanse landen.

 

U zei het reeds, er heerst een frustratie bij een aantal Afrikaanse landen, omdat zij het gevoel hebben dat het Internationaal Strafhof alleen bedoeld is voor hen en voor niemand anders. Het bewijs dat dit niet zo is, werd vorige week geleverd.

 

Misschien moeten wij eens nadenken en onderzoeken welke mogelijkheden er zijn. U hebt al een tipje van de sluier gelicht. Ik hoop dat het bespreekbaar is en dat daar in de toekomst aan gewerkt kan worden. Het is immers zeer belangrijk om op deze manier iedereen bij de les te houden. Als het iets is waaraan in Afrika moet gedacht worden, dan lijkt mij dat zeer nuttig.

 

L'incident est clos.

Het incident is gesloten.

 

07 Question de M. Stéphane Crusnière au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "la situation au Zimbabwe" (n° 22051)

07 Vraag van de heer Stéphane Crusnière aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de situatie in Zimbabwe" (nr. 22051)

 

07.01  Stéphane Crusnière (PS): Monsieur le ministre, je me permets de vous interroger concernant la situation au Zimbabwe plusieurs jours après que I'armée ait repris le contrôle du pays. Après plusieurs réunions avec le chef de l'État, ce dernier a finalement accepté de démissionner.

 

Après avoir refusé dans un premier temps, à l'issue de la première réunion avec le chef de l'armée, le Président Mugabe n'a pu résister aux pressions de la rue mais également de son parti. Réuni en session extraordinaire, le parti présidentiel a décidé de remplacer Mugabe à la tête du parti par Emmerson Mnangagwa, qui a également été désigné comme le candidat du parti pour les prochaines élections présidentielles. Dans le même temps, le parti a décidé d'exclure Grace Mugabe. La crise politique actuelle inquiète évidemment de nombreux dirigeants étrangers. Une réunion des pays membres de la SADC (Communauté de Développement de l'Afrique australe) est prévue dans quelques jours pour évaluer la situation.

 

Monsieur le ministre, selon toute vraisemblance, une période de transition plus ou moins longue va s'ouvrir avant l'organisation de nouvelles élections. La situation au Zimbabwe a-t-elle déjà été à l'ordre du jour d'une réunion avec vos homologues européens et internationaux? Étant donné la situation économique compliquée du pays (manque de liquidités, 90 % de chômage), une aide de la Belgique pourrait-elle être apportée dans l'organisation d'élections? Si oui, à quelles conditions?

 

07.02  Didier Reynders, ministre: Monsieur Crusnière, la fin d'un chapitre dans l'histoire du Zimbabwe a été écrite. Le président Mugabe a finalement adressé sa lettre de démission au parlement le 21 novembre dernier, consacrant ainsi la victoire d'Emmerson Mnangagwa dans sa lutte avec Grace Mugabe pour la succession à la tête de l'État zimbabwéen. Je me félicite que ce processus ait pu être mené paisiblement et je souligne à cet égard le rôle de la facilitation régionale, de la SADC, ainsi que le comportement du peuple zimbabwéen. L'Union européenne s'est prononcée par des déclarations en date du 15 novembre d'abord, et du 21 novembre ensuite, par la voix de la haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Mme Mogherini. Ce sujet ne manquera certainement pas d'être évoqué à nouveau à l'avenir, mais ça a encore été le cas lors du dernier conseil Affaires étrangères ce lundi 11 décembre, à travers une intervention de mon collègue britannique.

 

J'ai par ailleurs évoqué la situation au Zimbabwe lors de rencontres récentes avec ma collègue du Botswana notamment, mais aussi lors de la ministérielle Union africaine – Union européenne à Abidjan. Je sens un vent d'espoir qui traverse la région. Il reste cependant beaucoup d'inconnues quant à la suite de cette transition et la communauté internationale doit continuer à se concerter.

 

Pour que l'appel de la population au changement, à la démocratisation et à la bonne gouvernance soit suivi d'effets et pour que le pays puisse retrouver la voie du développement économique et social, la transition actuelle doit mener à des élections libres et démocratiques crédibles. C'est un débat que nous avons, comme vous le savez, dans un certain nombre de pays pas seulement africains. Je pense que ce que la communauté internationale et l'Union européenne doivent régulièrement rappeler, c'est la nécessité d'aller vers cette capacité à organiser des élections libres et crédibles. Cela doit se faire par nos déclarations, nos démarches mais aussi en collaboration avec l'Union africaine et avec les organisations régionales. Je reste convaincu que sans bénéficier du soutien des organisations régionales en Afrique, on ne parvient pas à exercer assez de pression sur les régimes en place pour les faire évoluer. Ici, il y a une opportunité. J'espère qu'elle va se vérifier et qu'on donnera vraiment à l'ensemble du peuple zimbabwéen la capacité de choisir ses prochains dirigeants dans des élections libres et crédibles.

 

07.03  Stéphane Crusnière (PS): Je remercie le ministre pour sa réponse.

 

L'incident est clos.

Het incident is gesloten.

 

08 Question de M. Benoit Hellings au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "les discussions en cours à l'ONU au sujet des armes létales autonomes" (n° 22066)

08 Vraag van de heer Benoit Hellings aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de lopende VN-besprekingen over de dodelijke autonome wapens" (nr. 22066)

 

08.01  Benoit Hellings (Ecolo-Groen): Monsieur le président, monsieur le vice-premier ministre, à l'heure où les technologies d'intelligence artificielle sont envisagées comme potentielles armes de guerre, ceci suscite de très nombreuses interrogations.

 

Il est essentiel de prendre le temps de mesurer l'impact éthique et stratégique qu'impliquent ces nouvelles technologies si d'aventure elles venaient à occuper une place au sein d'un arsenal militaire ou policier. Ce 13 novembre 2017, les Nations Unies ont ouvert une discussion sur la problématique dite "des robots tueurs". Ce fut la première réunion organisée avec un groupe d'experts sur le sujet. Ceci fait suite à l'interpellation majeure d'une centaine de professionnels du secteur de la robotique et de l'intelligence artificielle dont Elon Musk mais aussi Stephen Hawking lors d'une lettre ouverte écrite à l'ONU, demandant une interdiction totale des armes létales autonomes. En effet, le danger principal est que ces armes, une fois activées, soient dans l'incapacité, ou du moins très difficilement, de respecter le droit international humanitaire. J'ai rédigé une résolution qui est actuellement à l'examen en commission de la Défense.

 

Monsieur le vice-premier ministre, compte tenu de cette réunion du 13 novembre, quelle fut l'implication de la Belgique dans ces discussions? Y a-t-elle joué un rôle actif ? Si oui, à quel niveau? Quelle fut la position de la Belgique au sein de ces discussions? Pouvez-vous faire un bref état des lieux des discussions en cours et des positions des uns et des autres? La Belgique tente-t-elle de construire une position européenne commune à ce sujet, visant à bâtir un traité universel d'interdiction des armes létales autonomes, sur le modèle des mines antipersonnel, qui est un précédent dont notre pays peut tout à fait se glorifier?

 

08.02  Didier Reynders, ministre: Monsieur le président, monsieur Hellings, la première session formelle du groupe d'experts gouvernementaux sur les technologies émergentes dans le secteur des systèmes d'armes létaux autonomes (SALA) s'est tenue à Genève du 13 au 17 novembre. Le groupe d'experts, établi par consensus fin 2016, se réunit dans le cadre de la Convention sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques.

 

Notre représentation permanente a contribué activement au débat en présentant un papier de réflexion de la Belgique intitulé "Vers une définition des systèmes d'armes létaux autonomes". Il est en effet important de commencer par caractériser ce dont on parle dans le cadre des travaux de ce groupe d'experts. Nos partenaires européens partagent cette approche. Comme d'autres papiers établis par les Pays-Bas, la France et l'Allemagne, le papier belge est une contribution à l'élaboration d'un cadre conceptuel pouvant mener à une définition du travail du groupe d'experts des SALA. Il est le fruit d'échanges entre experts et juristes des milieux académiques, de l'industrie, de la Défense et des Affaires étrangères.

 

Partant de la reconnaissance unanime de l'inexistence des systèmes d'armes létaux totalement autonomes à l'heure actuelle, le papier vise à dégager les caractéristiques relatives aux critères d'autonomie, de contrôle, d'imprévisibilité, d'intentionnalité à conséquences létales qui devraient être envisagées afin d'élaborer une définition de travail.

 

L'introduction éventuelle des SALA en tant que méthode ou moyen de combat ne pourrait que s'inscrire dans le cadre normatif du droit international, en particulier le droit international humanitaire. L'agent humain reste toujours responsable du choix des moyens et méthodes de combat. À ce propos, il faut souligner qu'il existe en Belgique, une commission d'évaluation de la licéité de toute nouvelle arme, en vertu de l'article 36 du Protocole additionnel n° 1 des Conventions de Genève, dont la Belgique soutient l'universalisation.

 

Il faut aussi rester attentif à la nature double usage de la technologie robotique ou liée à l'intelligence artificielle afin de ne pas limiter la recherche, le développement et l'usage de cette technologie en matières civiles.

 

En conclusion de ces travaux, le groupe d'experts a précisé que la Convention sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques offre un cadre approprié pour aborder la question des SALA, que le droit international humanitaire continue de s'appliquer pleinement pour tous les systèmes d'armes, y compris le développement et l'usage potentiel de SALA, que les États détiennent la responsabilité de l'action létale de tout système d'armes en conformité avec le droit international applicable.

 

Le mandat du groupe ne devrait pas non plus porter atteinte à la recherche et au développement civil des technologies concernées.

 

Il est prévu que le groupe d'experts se réunisse à nouveau à Genève courant 2018. Prenant en compte les dimensions technologiques, militaires, juridiques et éthiques, le groupe mettra l'accent sur la caractérisation des SALA pour en dégager une compréhension commune. Le groupe poursuivra la discussion sur les options possibles pour répondre aux défis humanitaires et sécuritaires internationaux posés par les technologies émergentes dans le domaine des SALA.

 

Sur la base de la poursuite de la réflexion en interne avec les acteurs du dossier, la Belgique continuera de s'y impliquer. Nous verrons s'il y a lieu de déposer de nouveaux documents pour les prochaines réunions du groupe d'experts.

 

08.03  Benoit Hellings (Ecolo-Groen): Monsieur le ministre, je vous remercie pour cette réponse très complète. Il serait intéressant de pouvoir disposer du papier en question. Je présume qu'en prenant contact avec votre cabinet, nous pourrons en disposer sans aucun problème.

 

Vous avez raison, une des difficultés, c'est de pouvoir définir ce qu'est une arme létale autonome ou totalement autonome. Le mercredi 6 décembre dernier, nous avons auditionné, ici, huit experts belges et étrangers sur la question. Cela reste une question difficile. Il n'empêche qu'il faut continuer dans cette voie et travailler avec des partenaires européens et internationaux à une définition qui peut être acceptée par chacun des pays. C'est la seule façon de fonctionner.

 

Il existe un précédent d'une arme qui a été interdite et qui n'a jamais existé. Ce sont les lasers aveuglants. On peut s'inspirer de ceci.

 

Enfin, j'entends votre argument visant à dire qu'il faut être attentif à la façon d'interdire au niveau national ou international, de manière à ce que ces armes ne puissent pas mettre en cause la recherche en matière d'intelligence artificielle. Je partage votre point de vue. Néanmoins, à partir du moment où une personne aussi influente dans l'industrie que Elon Musk, le fondateur de Tesla, une des sociétés les plus actives en matière d'intelligence artificielle, demande lui-même l'interdiction des SALA, je pense qu'on va dans le bon sens. J'encourage en tout cas la Belgique, à travers vous et vos diplomates, à continuer dans cette direction qui est la bonne. Opposition et majorité, nous pouvons avancer vers quelque chose de très positif pour l'avenir de l'humanité.

 

L'incident est clos.

Het incident is gesloten.

 

09 Questions jointes de

- M. Benoit Hellings au ministre de la Défense, chargé de la Fonction publique, sur "le changement de stratégie militaire des États-Unis en Afghanistan et son impact sur les militaires belges stationnés à Kaboul" (n° 22229)

- M. Benoit Hellings au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "le changement de stratégie militaire des États-Unis en Afghanistan" (n° 22233)

09 Samengevoegde vragen van

- de heer Benoit Hellings aan de minister van Defensie, belast met Ambtenarenzaken, over  "de verandering van de Amerikaanse militaire strategie in Afghanistan en de impact ervan op de in Kaboel gestationeerde Belgische militairen" (nr. 22229)

- de heer Benoit Hellings aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de verandering van de Amerikaanse militaire strategie in Afghanistan" (nr. 22233)

 

09.01  Benoit Hellings (Ecolo-Groen): Ce sont deux questions jointes parce que j'avais posé une question similaire à votre collègue de la Défense et c'est vous qui allez répondre.

 

L'intervention militaire américaine et de ses alliés en Afghanistan a commencé il y a 16 ans déjà et la situation y reste toujours extrêmement critique. Nous avons appris pas plus tard qu'hier que des foreign fighters syriens et irakiens se retrouvaient en nombre en Afghanistan. C'est dire l'état de la situation.

 

En réponse aux nombreuses difficultés rencontrées sur le terrain, le président des États-Unis a décidé en août dernier d'un plan de bombardement massif des régions sous contrôle des talibans. L'opium étant la principale ressource des groupes terroristes, les bombardements se focalisent tout particulièrement sur la production du pavot, ce qui implique un risque accru de victimes civiles travaillant dans cette production particulièrement problématique, qui reste une des rares sources de revenu dans cette région, y compris pour les talibans. C'est le paradoxe. Par cette opération, les États-Unis souhaitent frapper le portefeuille des talibans afin d'affaiblir leur capacité militaire. Or, cette stratégie suscite de nombreuses critiques. En effet, selon l'ONG Human Rights Watch, l'initiative prise par les États-Unis pourrait pousser la population afghane dans une spirale de haine à l'encontre des occidentaux si l'augmentation des raids mène à davantage de victimes civiles. Ceci est déjà le cas car d'après un récent rapport des Nations Unies, 466 civils ont été tués ou blessés dans des bombardements aériens entre janvier et septembre 2017, soit une hausse de 52 % par rapport à la même période en 2016. Et de fait, c'est l'ensemble de la coalition qui attirerait les foudres de la population locale sur elle. La nouvelle stratégie américaine a donc de lourdes conséquences potentielles sur l'ensemble des acteurs militaires actuellement actifs sur le sol afghan, au-delà de l'inefficacité géostratégique qu'elle implique. Nous y sommes présents depuis seize ans et les talibans y sont toujours aussi.

 

La nouvelle stratégie américaine de bombarde­ments massifs de zones agricoles a-t-elle fait l'objet de concertations avec les partenaires de la coalition? Si oui, sous quelle forme? Quelle position notre pays a-t-il défendue au sein de l'OTAN ou ailleurs si d'aventure ces discussions n'ont pas eu lieu au sein de l'OTAN? Après seize ans d'efforts militaires et un résultat politique si catastrophique, n'est-il pas opportun d'envisager une autre stratégie dans la lutte contre les talibans? Pourriez-vous me détailler les mesures commerciales, politiques et sécuritaires adoptées par la Belgique et l'Union européenne pour tenter de juguler le commerce d'opium dans le monde? Comment estimez-vous l'augmentation du risque induit par cette stratégie de bombardements à tout-va du gouvernement américain pour la sécurité des militaires belges actuellement stationnés à Kaboul?

 

09.02  Didier Reynders, ministre: Monsieur Hellings, concernant la stratégie de lutte contre le terrorisme, jusqu'en 2014, l'OTAN était active en Afghanistan à travers la mission de la force internationale d'assistance à la sécurité, FIAS. Son objectif était d'aider le gouvernement afghan à assurer la sécurité dans l'ensemble du pays. Depuis janvier 2015, la mission Resolute Support a pris le relais en se focalisant sur la formation, le conseil et l'assistance des forces et institutions de sécurité afghanes. Ces forces assument depuis lors la charge de la sécurité de l'ensemble du pays et constituent un rempart essentiel dans la lutte contre le terrorisme.

 

Il est important de souligner que la mission Resolute Support est une mission non combattante et que la présentation de la nouvelle stratégie américaine pour l'Afghanistan et l'Asie du Sud n'a pas changé la nature de ses tâches. Ce qui a été salué par le secrétaire général de l'OTAN, c'est la décision américaine de privilégier une approche basée sur les conditions et non plus sur un calendrier de retrait fixé à l'avance.

 

À côté de leur engagement au sein de l'OTAN, les États-Unis mènent leur mission de contre-terrorisme bilatérale en Afghanistan dont les actions opérationnelles et tactiques ne sont pas planifiées avec le Conseil de l'Atlantique Nord. La problématique en Afghanistan est complexe et la seule solution militaire ne réussira pas à assurer la stabilité du pays. Le développement économique, la bonne gouvernance, le respect pour les droits de l'homme en ce compris l'égalité de genre, la protection des enfants et un accord de paix qui soit inclusif avec les insurgés, dont le groupe des talibans est un des plus importants, sont les piliers de l'effort afghan pour la reconstruction de l'État.

 

Cet effort doit être accompagné et appuyé par les pays de la région et par la communauté internationale. Dans sa nouvelle stratégie de juillet et dans les conclusions du conseil Affaires étrangères d'octobre, l'Union européenne réaffirme son engagement à soutenir l'Afghanistan et souligne l'importance du renforcement de la démocratie et de la gouvernance, de la lutte contre la corruption ainsi que du développement économique et humain dans le pays. Dans ce contexte, le trafic d'opium est un des défis à relever.

 

Par ailleurs, la Commission européenne a proposé, en mars dernier, un nouveau plan d'action anti-drogue de l'Union européenne pour renforcer la lutte contre la consommation et le trafic de drogue. Celui-ci vise à répondre plus fortement aux nouveaux défis en matière de santé et de sécurité que fait émerger l'évolution de l'usage et du trafic de stupéfiants. S'il conserve et actualise les principaux champs d'intervention et les thèmes transversaux de la stratégie anti-drogue globale de l'Union, il cible aussi d'autres domaines d'action prioritaires, notamment la collecte d'éléments de preuve sur des liens possibles entre le trafic de drogue et le financement des groupes terroristes, le crime organisé, le trafic de migrants ou la traite d'êtres humains.

 

Le commerce d'opium dans le monde est guidé juridiquement par un ensemble de trois traités qui sont suivis par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, l'UNODC. Il fixe le cadre dans lequel les pays parties peuvent développer leur législation nationale et leur coopération internationale. L'UNODC est de plus en plus attentif à la connexion entre le commerce de drogue illicite et le financement du terrorisme au sein de l'UNODC. Le pacte de Paris datant de 2003 fournit un cadre particulier de réflexion, de coordination et de gestion des projets visant à combattre le trafic d'opium en provenance de l'Afghanistan et du Pakistan.

 

Ces réflexions et actions sont menées par le groupe dit de Dublin, qui comprend, outre des représentants de la lutte antidrogue en Afghanistan et au Pakistan, des représentants de l'UNODC ainsi que de 18 pays, dont les USA, avec la Drug Enforcement Administration, et 12 pays de l'Union européenne, parmi lesquels la France, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, l'Irlande et le Royaume-Uni. La Belgique ne figure pas dans le groupe de Dublin, mais elle est associée à ses travaux via l'Union européenne qui y siège à part entière.

 

Sur la période 2014-2020, l'UNODC finance des mesures et des projets dans la lutte antidrogue en Afghanistan pour un montant de 420 millions de dollars. Parmi ces mesures, on trouve des mesures visant à renforcer la justice criminelle et les autorités de lutte antidrogue afghanes ainsi que le développement d'alternatives agricoles rentables pour remplacer la culture du pavot. La Belgique participe à l'ensemble de ces démarches, essentiellement, c'est vrai, à travers l'Union européenne, que ce soit en termes de financement ou de participation à la réflexion sur les politiques à mener en Afghanistan ou dans d'autres pays concernant cette problématique.

 

09.03  Benoit Hellings (Ecolo-Groen): Monsieur le ministre, je n'ai pas bien entendu. La décision américaine de viser spécifiquement les zones agricoles a-t-elle été concertée au niveau de l'OTAN? Non? Merci pour la précision.

 

09.04  Didier Reynders, ministre: (…)

 

09.05  Benoit Hellings (Ecolo-Groen): Sur les armes létales autonomes à l'OTAN? Très bien.

 

09.06  Didier Reynders, ministre: Vérifiez. Il n'y a pas de problème à le transmettre.

 

09.07  Benoit Hellings (Ecolo-Groen): Je ne pense pas qu'un papier sur les armes létales autonomes transmis à l'OTAN concernant l'Afghanistan…

 

09.08  Didier Reynders, ministre: Non, à vous. Vous le demandiez.

 

09.09  Benoit Hellings (Ecolo-Groen): À moins que ce ne soit une modification stratégique, qu'on envoie des robots tueurs dans les champs d'Afghanistan. C'est peut-être une solution.

 

Plus sérieusement, vous avez dit, et vous avez raison, que la seule solution militaire ne sert pas la cause. Les occidentaux sont là depuis seize ans. Les talibans sont là depuis bien plus longtemps et, malheureusement, seront visiblement amenés à y rester.

 

La clé politique pour sortir de cette crise - qui est de plus en plus emberlificotée, nous sommes d'accord -, c'est de permettre à ces populations qui, aujourd'hui, sont attirées dans les griffes des talibans, à s'identifier à l'État afghan et à ses politiques; et d'offrir, en particulier à la minorité pachtoune, des perspectives politiques d'inclusion au sein de l'État afghan, mais aussi des perspectives économiques au-delà de la culture du pavot. Je pense que le chemin pris par Donald Trump en la matière, comme dans bien d'autres domaines, n'est malheureusement pas la solution la plus efficace d'un point de vue politique.

 

Je vous remercie pour vos réponses. Tenons cela à l'œil mais évitons de mélanger les robots tueurs avec l'Afghanistan.

 

Het incident is gesloten.

L'incident est clos.

 

De voorzitter: De samengevoegde vragen nrs. 22244 van de heer Luykx en 22344 en 22438 van de heer Van Peteghem zijn in samenspraak tussen hen uitgesteld.

 

10 Vraag van mevrouw Rita Bellens aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "abortus in Brazilië" (nr. 22262)

10 Question de Mme Rita Bellens au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "l'avortement au Brésil" (n° 22262)

 

10.01  Rita Bellens (N-VA): Mijnheer de voorzitter, mijnheer de minister, onlangs werd in het Braziliaanse parlement een wet goedgekeurd die abortus in alle omstandigheden verbiedt. Dit betekent ook dat abortus in geval van verkrachting of levensbedreigende situaties voor de moeder of de foetus niet meer mogelijk is. De abortus­wetgeving in Brazilië was al bijzonder streng. Dit is een stevige stap achteruit voor de vrouwenrechten in het land en een zorgwekkende evolutie.

 

Mijnheer de minister, ik heb de volgende vragen.

 

Wat is de huidige stand van zaken aangaande deze wet? Werd ze al goedgekeurd in plenaire zitting? Wat is het standpunt van de regering over deze wetgeving en de impact ervan op de vrouwenrechten?

 

Hebt u al over deze kwestie gesproken met uw Braziliaanse collega of met een vertegenwoordiger in ons land? Indien ja, wat was het standgunt van Brazilië? Welke stappen kan en zal de regering ondernemen om Brazilië te overhalen deze wetgeving niet uit te voeren?

 

10.02 Minister Didier Reynders: Mijnheer de voorzitter, mevrouw Bellens, het betreft een wetsvoorstel tot amendering van de grondwet, dat zou voorzien in een constitutionele bescherming van het recht op leven vanaf de conceptie. Het amendement in kwestie wordt momenteel besproken op het niveau van een parlementaire commissie. Nadien zou het amendement nog de geijkte parlementaire procedure moeten doorlopen alvorens definitief door het parlement te worden aangenomen in de plenaire vergadering.

 

Gelet op het feit dat het geen definitieve wetswijziging betreft, heb ik tot op heden nog geen contact genomen met de Braziliaanse collega’s over deze kwestie. Het is eerder aan de parlementaire diplomatie om dat te doen, misschien tussen ons parlement en het Braziliaanse parlement. Totnogtoe is er enkel een bespreking in een parlementaire commissie.

 

Op nationaal vlak werkte België in juli 2017 een nieuw nationaal actieplan uit rond Vrouw, Vrede en Veiligheid, dat onder meer het accent legt op de bescherming en de participatie van vrouwen in het kader van reconstructie en consolidering van de vrede en meer in het bijzonder de problematiek van seksuele en reproductieve gezondheids­rechten. Daarnaast hecht ik een groot belang aan de bevordering van seksuele en reproductieve gezondheidsrechten op internationaal vlak. Deze bevordering maakt deel uit van een bredere bescherming van vrouwenrechten die ons land nastreeft, zowel op bilateraal als multilateraal vlak.

 

Een van de uitgelezen multilaterale fora om dergelijke problematiek aan te kaarten, is de Universal Periodic Review (UPR). Dit unieke mechanisme van de Raad voor de Rechten van de Mens neemt de mensenrechtensituatie van alle 193 VN-landen tijdens opeenvolgende cycli kritisch onder de loep. Tijdens de voorbije Universal Periodic Review van Brazilië in mei 2017 kwam ons land tussenbeide met twee aanbevelingen rond vrouwenrechten. Belangrijk in dit kader is te noteren dat Brazilië sinds 1984 het verdrag inzake de uitbanning van alle vormen van discriminatie tegen vrouwen heeft geratificeerd, alsook het facultatief protocol bij dit verdrag in 2002.

 

Misschien is het tot nu toe meer de opdracht van de parlementaire diplomatie om contact op te nemen, maar als er een definitieve tekst is, zullen we contact opnemen met onze collega in Brazilië.

 

10.03  Rita Bellens (N-VA): Ik dank de minister voor zijn antwoord.

 

De richting die men daar uitgaat stemt niet meteen tot grote vreugde, vooral niet in het kader van vrouwenrechten. Brazilië is een land dat al niet sterk staat qua vrouwenrechten. Verkrachtingen van vrouwen worden er nauwelijks vervolgd. Op vlak van gendergelijkheid staat het land op de 79e plaats. Studies hebben ook aangetoond dat een strengere abortuswet niet minder abortussen oplevert. Integendeel, er komen meer onveilige abortussen voor.

 

In het kader van vrouwenrechten zal ik dit ook vanuit het parlement blijven opvolgen en contact opnemen met collega's in Brazilië om te bekijken of we hen ertoe kunnen bewegen om andere standpunten in te nemen.

 

Het incident is gesloten.

L'incident est clos.

 

11 Vraag van mevrouw Rita Bellens aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Europese Zaken, belast met Beliris en de Federale Culturele Instellingen, over "de stand van zaken in de hervorming van B-FAST" (nr. 22266)

11 Question de Mme Rita Bellens au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, sur "l'état d'avancement de la réforme de B-FAST" (n° 22266)

 

11.01  Rita Bellens (N-VA): Mijnheer de minister, ik wil u eerst en vooral bedanken om de documenten door te sturen met betrekking tot de audit van B-FAST.

 

Het verslag dat we hebben gekregen gaat over een eerste fase. Er zou dus ook een tweede fase moeten volgen. Blijkbaar is dit dus nog niet het volledige verslag. Wanneer zullen wij kunnen beschikken over dat verslag? De tweede fase blijkt immers de financiële audit te zijn en daarover ging het uiteindelijk.

 

Wat zijn de volgende stappen in uw screening en hervorming van B-FAST? Hebt u een streef­datum?

 

Er is ook sprake van een rescEU-initiatief. Welke integratiemogelijkheden ziet u voor B-FAST in dat initiatief? Is het nog wel nodig om een aparte Belgische entiteit te behouden als deze integratie interessant blijkt te zijn voor B-FAST?

 

11.02 Minister Didier Reynders: Mevrouw Bellens, de Federale Interne Auditdienst (FIA) is reeds van start gegaan met het tweede deel van de eerder aangekondigde audit. Momenteel lopen verschillende verkennende gesprekken met betrokken collegiale diensten. Vervolgens zal aan de B-FAST-coördinatieraad een document worden bezorgd dat door FIA zelf zal worden toegelicht op een bijzondere raad.

 

Ik kan onderstrepen dat van FIA concrete aanbevelingen worden verwacht. De Federale Interne Auditdienst werd gevraagd een onderzoek te doen, rekening houdend met de beschikbare middelen, enerzijds, en de hen door de federale overheid opgelegde taak, anderzijds. Er werd een zekere vrijheid gelaten om autonoom te bepalen binnen welke termijn hun auditverslag zal worden voorgelegd.

 

Niettemin hopen wij de resultaten van deze oefening zo snel mogelijk te verkrijgen. Deze situatie heeft, zoals gezegd, te maken met de beschikbaarheid van de Federale Interne Auditdienst. Ik zal het Parlement in ieder geval blijven inlichten. Ik heb mijn collega, bevoegd voor de Federale Interne Auditdienst, gevraagd om zo snel vlug het tweede deel van de audit af te werken.

 

De hervorming van B-FAST blijft een permanent aandachtspunt van de coördinatieraad. Dit proces is on going. Niettemin verwachten wij ook veel van de Federale Interne Auditdienst en de potentiële aanbevelingen die, daar waar nodig, door de raad in concrete maatregelen zullen worden omgezet. Wij gaan ondertussen verder met aanpassingen aan de werking van B-FAST.

 

Het rescEU-initiatief is momenteel een voorstel van de Europese Commissie. Beslissingen hierover zijn uiteraard van politieke aard en kunnen daarom alleen worden genomen na een eventuele discussie in de regering. Daarom kan ik mij daarover vandaag niet uitspreken. Niettemin stel ik vast dat het voorstel van de commissie voortbouwt op bestaande coördinatiestructuren van nationale assets inzake noodhulpverlening.

 

Gelet op de niet altijd overtuigende prestaties in deze materie van de commissie inzake operationele paraatheid, kunnen er vragen worden gesteld over de ambitie van de commissie om de controle over deze pooled assets over te nemen, zoals in het voorstel is geformuleerd. Eerdere initiatieven zoals de European Emergency Response Capacity of Voluntary Pool en het European Medical Corps hebben aangetoond dat de meerwaarde van de commissie ligt in de coördinatie van de EU-assets, informatie­doorstromingen en analyse, niches zoals cofinanciering enzovoort. Bovendien blijft de operationele controle van de noodhulpteams nog altijd een nationaal mandaat.

 

De positie van andere belangrijke EU-lidstaten in deze materie is cruciaal. Daarnaast ben ik altijd een voorstander geweest van het financieren door de EU van een deel van onze inzetbare middelen, dus een cofinanciering. Het inschrijven van die assets in een soort EU-reserve kan daarvan uiteraard een gevolg zijn, onder bepaalde voorwaarden zoals vastgelegd door de Ministerraad van 20 juli 2016.

 

Volgens mij is een correcte samenwerking met een Europees initiatief mogelijk, maar zeker niet met een totale overname door de Europese Commissie van alle nationale structuren, maar wel met een coördinatie tussen de twee, met een cofinanciering.

 

Er zijn documenten over het EU-initiatief beschikbaar op de website van de commissie. Die zijn voor u beschikbaar.

 

11.03  Rita Bellens (N-VA): Mijnheer de minister, dank u wel voor de vooruitgang van het dossier.

 

De audit is aan de gang. In het rapport van FIA wordt verwezen naar bijlagen. Die hebben we echter niet gekregen. Is het mogelijk om ons die nog te bezorgen?

 

Het is spijtig dat u zegt dat de timing losgelaten werd. Ik voel dat de deadlines telkens opnieuw worden verschoven. Ondertussen werk B-FAST voort.

 

We hoorden geruchten dat de mensen op Dominica onlangs wel blij waren met de geboden hulp, maar dat er toch ook wat problemen waren met de coördinatie en met het materiaal. Dat is spijtig, want mensen verdienen beter, zowel de mensen die nood hebben aan de hulp van B-FAST als onze vrijwilligers die zich engageren voor B-FAST en die tijd en energie vrijmaken om mee te helpen.

 

Ik dank u voor uw antwoord, mijnheer de minister.

 

Het incident is gesloten.

L'incident est clos.

 

De voorzitter: Vraag nr. 22271 van de heer Van der Maelen wordt omgezet in een schriftelijke vraag. De vragen nrs. 22345, 22434 en 22505 van mevrouw Bellens worden omgezet in schriftelijke vragen. Vraag nr. 22436 van de heer Van Peteghem wordt omgezet in een schriftelijke vraag. Vraag nr. 22483 van de heer Luykx wordt uitgesteld.

 

De openbare commissievergadering wordt gesloten om 17.58 uur.

La réunion publique de commission est levée à 17.58 heures.