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Bulletin n° : B111 - Question et réponse écrite n° : 2140 - Législature : 54


Auteur Benoît Friart, MR
Département Ministre de la Mobilité, chargé de Belgocontrol et de la Société nationale des chemins de fer belges
Sous-département Mobilité, Belgocontrol et SNCB
Titre La réduction du trafic.
Date de dépôt10/02/2017
Langue F
Publication question     B111
Date publication 24/03/2017, 20162017
Statut questionRéponses reçues
Date de délai17/03/2017

 
Question

La Commission Européenne a récemment indiqué que la Belgique devait réduire son trafic et "décourager l'usage de la voiture" si elle veut continuer à respecter les normes sur la qualité de l'air (PM10). La Commission enjoint notamment la Belgique à se pencher sur une fiscalité verte. Par exemple, en réorientant la charge fiscale pesant sur le travail vers les taxes environnementales. Cependant, il y a lieu d'être vigilant et de tenir compte des effets que produiront des mesures en termes de fiscalité verte. Il peut, en effet, y avoir des répercussions sociales en cascade. Concernant une utilisation plus intelligente de la voiture et donc, la réduction du trafic, des solutions de carpooling ne cessent d'émerger et de nombreux acteurs privés proposant de tels services s'installent sur le marché Belge. 1. Des acteurs proposant des services de carpooling émergent dans le paysage belge. Certains se sont lancés sur le marché tout récemment. Quels sont-ils et quelles sont leurs différences? 2. Quels chiffres pouvez-vous fournir quant à la réduction du trafic qu'ils engendrent aujourd'hui? 3. Quelles sont les prévisions à court, moyen et long terme? 4. Quelles actions le gouvernement fédéral peut-il prendre pour inciter davantage cette utilisation intelligente de la voiture? 5. Que pouvez-vous dire au sujet du changement de comportement dans les entreprises en la matière? 6. À propos des indications de la Commission européenne concernant la réduction du trafic, quelles mesures plus particulières comptez-vous prendre?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B116
Date publication 05/05/2017, 20162017
Réponse

1. Selon la définition que l'on donne au covoiturage, le nombre d'acteurs proposant ce type de services en Belgique varie. Ils se distinguent néanmoins tous en fonction du public cible, du type de déplacement et de la région couverte. Ainsi, certains services sont destinés à tous les usagers alors que d'autres sont réservés aux entreprises ou aux étudiants. Il en va de même de certaines plates-formes qui - à titre d'exemple - sont réservées aux déplacements à longue distance alors que d'autres se concentrent sur les déplacements domicile-travail, le ramassage scolaire ou l'autostop encadré. Enfin, certains acteurs sont actifs à l'échelle du pays alors que d'autres le sont à l'échelle d'une ville ou d'une région. Parmi les services les plus innovants, on peut citer le développement et la mise à disposition d'applications mobiles, personnalisées ou non, dédiées au covoiturage. 2. Toutefois, nous ne disposons pas de chiffres relatifs à la part de marché de ces services de covoiturage, sachant que celui-ci peut également être organisé indépendamment de tout encadrement. L'impact sur le trafic du covoiturage en général dépend quant à lui du type de déplacement auquel on le résume. D'après le Bureau du Plan, sur base des chiffres disponibles pour l'année 2012, la part du covoiturage (exprimée en passagers-kilomètres pour les personnes voyageant en tant que passager d'une voiture) était de 5 % des différents moyens de transport pour les déplacements domicile-travail par exemple. Les principaux obstacles au covoiturage sont la flexibilité grandissante des horaires de travail, la congestion du trafic et l'éclatement des lieux de travail qui le rendent moins attractif. 3. Afin de prendre en compte tous les déplacements sans se soucier de la définition du covoiturage et du type de déplacement considéré, on peut se concentrer sur l'évolution d'un autre indicateur: le taux d'occupation moyen d'une voiture. D'après le Bureau du Plan le taux d'occupation moyen d'une voiture en heure de pointe (proche de 1,15) est stable dans le temps et devrait, au mieux, continuer à stagner jusqu'en 2030 à politique inchangée. Ces chiffres devraient toutefois évoluer plus favorablement en fonction des mesures qui seront prises par les différents niveaux de pouvoir afin de soutenir le covoiturage. 4. Je veux ainsi contribuer à des actions de sensibilisation en faveur du covoiturage. De manière, entre autres choses, à accroître sa visibilité. À mon sens, le covoiturage ne doit pas être envisagé comme un concurrent aux transports en commun mais plutôt comme un mode de transport qui leur est complémentaire. Par ailleurs, les autorités fédérales ont prévu la possibilité dans le code de la route de réserver des voies au covoiturage au moyen du panneau de signalisation C5 complété de la mention " Excepté 2+ " ou " 3+ ". Les Régions étant compétentes pour la création de ses voies réservées au covoiturage. Enfin, je compte étudier dans les prochains mois la faisabilité d'optimiser et de simplifier le cadre fiscal du soutien au covoiturage avec mes collègues du gouvernement. 5. On constate quoiqu'il en soit depuis dix ans que les employeurs, publics comme privés, sont de plus en plus conscients des enjeux de la mobilité. Le diagnostic fédéral sur les déplacements domicile-travail montre que le nombre de mesures prises par les entreprises de plus de 100 personnes en faveur d'une meilleure mobilité est en constante augmentation. Entre 2005 et 2014, le nombre d'entreprises qui organisent le covoiturage en interne est passé de 5 à 10 % et le nombre d'adhésions à une base de données centrale de covoiturage est passé de 4 à 11 %. On observe également que les mesures prises par les employeurs pour favoriser l'utilisation du covoiturage ont un impact important. 6. Afin de répondre aux différentes recommandations internationales, dont la réduction du trafic, il s'agit d'activement contribuer au glissement modal. Ce shift modal va de pair avec un shift mental. Dans ce contexte, le Comité Exécutif des Ministres de la Mobilité du 8 novembre 2016 a donné son accord pour le lancement des travaux relatifs à l'élaboration d'une vision interfédérale à long terme qui soit durable, intermodale, multimodale et numérique, avec les chemins de fer comme axe structurant des transports publics. Dans cette perspective, on travaillera à des solutions de mobilité qui se fondent sur l'intermodalité dans le plus grand respect des compétences de chacun. Je compte également travailler à la maîtrise de la demande de transport. C'est entre autres une nécessité de soulager le trafic en heure de pointe. Je pense ici à des actions de sensibilisation, qui seraient menées avec les ministres compétents, ainsi qu'à soutenir de nouvelles formes de travail et à encourager les bureaux satellites et les horaires de travail flexibles.

 
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Descripteurs EurovocPOLITIQUE DES TRANSPORTS | AUTOMOBILE | TRANSPORT EN COMMUN | DEVELOPPEMENT DURABLE | REDUCTION DES EMISSIONS DE GAZ