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Bulletin n° : B113 - Question et réponse écrite n° : 0988 - Législature : 54


Auteur Denis Ducarme, MR
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales
Sous-département Affaires étrangères et européennes
Titre La guerre au Soudan.
Date de dépôt27/02/2017
Langue F
Publication question     B113
Date publication 07/04/2017, 20162017
Statut questionRéponses reçues
Date de délai31/03/2017

 
Question

Un rapport confidentiel de l'Organisation des Nations Unies (ONU) datant du 14 février 2017 avertit que la guerre au Soudan du Sud a atteint des "proportions catastrophiques pour les civils" et que l'emprise des milices risque de devenir incontrôlable et d'alimenter les combats pour de nombreuses années. 1. Disposez-vous déjà de plus amples informations quant à l'évolution de la situation au Soudan du Sud? 2. Qu'en est-il de l'accueil et de la situation des populations civiles fuyant les combats? 3. Vu les informations, l'ONU envisage-t-elle d'augmenter le nombre de casques bleus sur place?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B116
Date publication 05/05/2017, 20162017
Réponse

La situation du Sud-Soudan ne s'améliore malheureusement pas. Malgré le fait que le conflit interne est davantage une lutte de pouvoir entre deux protagonistes (le président Salva Kiir et son rival l'ancien vice-président Riek Macher), la dimension ethnique s'infiltre depuis quelque temps dans le conflit. La situation est chaotique et de plus en plus complexe. Les perspectives pour les mois à venir sont très sombres et une implosion n'est pas à exclure. Après de violents affrontements en juillet 2016 dans la capitale Juba, qui ont signifié l'échec de l' Accord de paix signé en août 2015, Riek Machar a fui le pays. Il a appelé fin septembre 2016 à la reprise de la lutte armée. L'opposition sud-soudanaise a depuis salué l'appel du président Salva Kiir à un Dialogue national "visant à rétablir la paix", plus de trois ans après le début de la guerre civile, mais a exclu qu'il soit mené par le chef de l'État. Ce dialogue, annoncé le 16 janvier 2017, est toutefois considéré par le gouvernement sud-soudanais comme pouvant mener à la fin de la guerre et progresser dans la mise en oeuvre de l'Accord de Paix. Malgré quelques mesures prises par le gouvernement de transition, la situation sécuritaire reste donc très volatile. On constate une augmentation des attaques sur des civils, des tensions interethniques et des affrontements entre l'armée (SPLA) et des groupes armés. Les Nations Unies ont autorisé en juillet 2016 la création d'une Force de protection régionale (RPF) de 4.000 hommes et qui ferait partie de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS.) Le déploiement rapide de la RPF est crucial pour la sécurité de la capitale Juba et la protection des civils. Le gouvernement sud-soudanais a, récemment, enfin donné son accord à la présence d'une telle force. La question sud-soudanaise est suivie en première ligne par l'Union Africaine (UA) ainsi que l'organisation régionale de l'Afrique de l'est (Autorité Inter-Gouvernementale de Développement/IGAD.) L'UE soutient les efforts ces deux institutions. La situation au Soudan du Sud a provoqué un flux important de réfugiés. 1.610.000 personnes ont cherché refuge dans les pays voisins, à savoir: l'Ouganda (764.326), l'Ethiopie (349.086), le Soudan (332.885), la RDC (71.529), le Kenya (93.601) et la République centrafricaine (1.639). De plus, 1,9 million de personnes sont PDI (Personnes Déplacées Internes) dans le Sud-Soudan. En décembre 2016, la Belgique a décidé d'octroyer 3 millions d'euros à l'Agence d'aide humanitaire des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et ce en faveur des réfugiés sud-soudanais en République démocratique du Congo et en Ouganda. On remarque que, depuis l'été 2016, l'afflux de réfugiés augmente considérablement dans ces deux pays. Le financement de la Belgique est réparti sur deux ans: 2,25 millions d'euros en 2016 et 750.000 euros en 2017. Le montant est divisé en parts égales entre les activités en République démocratique du Congo et en Ouganda. En décembre 2016, suite à l'augmentation considérable depuis l'été, de l'afflux de réfugiés sud-soudanais en République démocratique du Congo et en Ouganda, la Belgique a décidé d'octroyer un financement d'un montant de 3 millions d'euros au programme d'aide humanitaire de l'Agence des Nations Unies, relatif à cette aide. Ce financement sera étalé sur deux ans: 2,25 millions d'euros en 2016 et 750.000 euros en 2017. Le montant sera réparti en parts égales entre les activités en République démocratique du Congo et en Ouganda. La décision d'augmenter la présence militaire de la MINUSS (Mission des Nations Unies au Soudan du Sud) a été prise en août 2016, soit antérieure au rapport que vous mentionnez. Le nombre de casques bleus est plafonné à 13.000. Mais dans sa résolution du 12 août 2016, le Conseil de Sécurité a instauré la possibilité d'augmenter cette présence avec une force militaire supplémentaire de 4.000 hommes. Il s'agit d'une "Force de protection régionale" (RPF), au service de la MINUSS. Cette RPF - déploiement normalement prévu pour cet été - représenterait une augmentation substantielle de la présence militaire internationale. À la date du 23 février 2017, le contingent de la MINUSS comptait, selon le rapport du Secrétaire général de l'ONU, un peu plus de 11.000 militaires. Il est prévu que le mandat de la MINUSS soit réévalué en décembre 2017.

 
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