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Bulletin n° : B123 - Question et réponse écrite n° : 1600 - Législature : 54


Auteur Kattrin Jadin, MR
Département Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique
Sous-département Affaires sociales et Santé publique
Titre Le burn-out en Belgique (QO 15186).
Date de dépôt12/05/2017
Langue F
Publication question     B123
Date publication 27/06/2017, 20162017
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/06/2017

 
Question

Une étude révèle que près d'un travailleur sur dix est en burn-out. Cela représentait en 2010 plus de 4.500 salariés et plus de 7.600 en 2015. Cet état d'épuisement général a pour conséquence une absence prolongée des personnes et un coût important qui s'élève à plusieurs centaines de millions d'euros. Les symptômes sont multiples: fatigue intense, troubles physiques et de la mémoire, trouble du sommeil et estime de soi très basse. Les conséquences sont importantes sur le système avec des dépenses en 2015 de près de 99 millions d'euros d'indemnités, mais aussi sur la productivité au travail puisque ce sont des absences de plusieurs années. 1. Quelles solutions sont envisagées pour diminuer le burn-out dans l'administration et les sociétés? Que recommandent les spécialistes? 2. Quels moyens sont mis en place pour détecter un éventuel burn-out dans les entreprises et les administrations? 3. Quels sont les chiffres pour l'année 2016? S'attend-on dans les prochaines années à une augmentation du nombre de cas?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B129
Date publication 04/09/2017, 20162017
Réponse

Il n'existe pas encore de consensus sur des protocoles ou des trajets de soins précis. D'après différentes publications analysées, il y a deux approches possibles pour prévenir et réduire le burn-out. - D'abord, les interventions centrées sur l'organisation: des interventions organisationnelles et/ou centrées sur l'interface travail/personne, des actions à visée éducative ou de sensibilisation, - Puis, les interventions centrées sur l'individu: ces interventions ont pour objectif de modifier la relation entre l'individu et son travail, de développer ses compétences ou ses ressources personnelles ou encore de contribuer à modifier certaines caractéristiques de sa personnalité. Les interventions qui ont le plus de chances d'être efficaces sont celles qui prennent en charge les deux aspects. Actuellement on constate: - premièrement, que les initiatives privées se multiplient à tout niveau: cliniques du stress, service Ressources Humaines des entreprises, service de prévention interne et externes mais avec des protocoles et des trajets de soins très variables, - deuxièmement, que les institutions concernées travaillent activement sur le sujet: o le SPF Emploi a déjà réalisé plusieurs études et émis des recommandations sur la prévention primaire des risques professionnels, mis en place des campagnes de sensibilisation et d'informations et proposé une grille d'évaluation du risque et d'aide au diagnostic pour les médecins. o le Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE) a réalisé différentes études et a encore des travaux en cours; o l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) via le Centre de connaissance a lancé plusieurs études qui devraient mener à l'établissement d'un trajet de soins dans la perspective de réinsertion; o le Fonds des Maladies Professionnelles (FMP) vient de réaliser une étude et travaille sur la reconnaissance du burn-out comme maladie en lien avec le travail à la suite de ma demande; il développe un projet pilote de prévention du burn-out lié par le travail. Je tiens à rappeler que la prévention primaire des risques professionnels est sous la compétence de mon collègue le ministre de l'Emploi. Comme je vous l'ai dit, nous travaillons avec le FMP et l'INAMI sur la prévention secondaire (c'est-à-dire le travailleur a des symptômes précurseurs, on agit avant que le diagnostic de burn-out ne tombe) et tertiaire (c'est-à-dire trajet de réinsertion, le travailleur est en incapacité de travail) mais il est primordial de mettre en place une politique intégrée sur tous les niveaux de prévention. Les pratiques sont très diverses d'une entreprise à l'autre. Il existe des formations et des projets pilotes dans différentes entreprises et administrations. Certaines initiatives sont citées et/ou analysées dans des rapports scientifiques des universités ou des administrations mais il n'y a pas de rapport exhaustifs sur le sujet. Des workshops sont prévus en 2017 dans le projet du FMP afin de collecter un maximum d'informations sur ce qui se fait et ce qui fonctionne sur le terrain. À défaut d'un inventaire complet, cela permettra d'avoir un panel de l'existant. Voici les chiffres que vous m'avez demandées: Pour l'estimation du nombre de cas dans le futur, nous ne disposons pas de chiffres globaux, voici quelques estimation de prévalence: - en 2010, un consortium multidisciplinaire mandaté par le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale (ETCS) a réalisé une étude sur la population active belge: la prévalence du burn-out s'élevait à 0,8 %. La base de l'étude était un questionnaire d'évaluation complété par les médecins; - en 2012, IDEWE a réalisé une étude sur la prévalence du burn-out: La prévalence était de 22 % mais, il s'agit d'un questionnaire d'auto-évaluation complété par le travailleur; - en 2013, à la demande du SPF ETCS et du SPF Santé publique, la KU Leuven s'est associée à IDEWE pour étudier le burn-out dans le secteur des soins de santé, les résultats étaient de 6,9 % pour des infirmiers et 5,4 % pour des médecins; - un Master en médecine du travail (2015,) étudie une enquête réalisée dans neuf entreprises flamandes: 12,5 % des travailleurs obtiennent un score important à un questionnaire d'auto-évaluation. Ces chiffres très variables s'expliquent notamment par: - le type d'évaluation réalisée (auto-évaluation, évaluation par un médecin); - la base utilisée (questionnaire, incapacité de travail); - le secteur concerné; - les difficultés à distinguer le burn-out d'autres pathologies et troubles psychosociaux. Les chiffres d'incidence du burn-out sont donc très variables en fonction de leur origine et s'expliquent sans doute en partie par une absence de consensus du monde médical quant à la définition du burn-out. Il n'existe pas actuellement d'outils de mesure pour suivre la tendance dans les prochaines années. Mais il est clair que si des actions ne sont pas prises, la situation ne va pas s'améliorer.

 
Descripteurs EurovocPOLITIQUE DE LA SANTE | SATISFACTION AU TRAVAIL | TRAVAIL | SANTE MENTALE