...

Question et réponse écrite n° : 0681 - Législature : 54


Auteur Jean-Marc Nollet, Ecolo-Groen
Département Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique
Sous-département Affaires sociales et Santé publique
Titre L'exposition à des niveaux sonores trop élevés.
Date de dépôt26/01/2016
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/02/2016

 
Question

Selon des données de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) de février 2015, environ 50 % des jeunes de 12 à 35 ans des pays à haut et moyen revenus sont exposés à des niveaux sonores trop élevés de l'ordre de 85 décibels pendant huit heures d'affilée et de 100 décibels pendant 15 minutes. 1. Ce constat se vérifie-t-il dans notre pays? Quelles sont les chiffres en votre possession? 2. Sachant que le seuil de risque, c'est-à-dire le niveau sonore à partir duquel les sons peuvent endommager nos oreilles, se situe entre 85 et 90 dB (A) sur l'échelle des puissances sonores, quelles mesures avez-vous prises afin d'endiguer ce phénomène?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B064
Date publication 29/02/2016, 20152016
Réponse

La communication de l'Organisation mondiale de la Santé à laquelle vous faites allusion porte sur l'exposition excessive au bruit dans le cadre des loisirs, c'est-à-dire lors d'une séance de cinéma, dans une discothèque, à un concert pop, lors de manifestations sportives ou de l'utilisation de lecteurs individuels de musique. Selon le Comité européen d'experts SCENIHR (2008), le nombre de jeunes en Europe exposés de façon excessive au bruit dans le cadre de leurs loisirs est trois fois plus élevé que dans les années '80, tandis que l'exposition des travailleurs a baissé. 1. On peut supposer qu'à de nombreux égards, la situation est plus ou moins la même en Belgique, même si elle s'améliore quelque peu grâce aux mesures qui ont été prises ces dernières années. Quelques exemples parmi d'autres: En ce qui concerne les activités musicales: Selon le SCENIHR, c'est aux concerts pop et rock que le niveau sonore est le plus élevé (il peut atteindre 135 dBA). Dans les cinémas également, la situation est préoccupante. Les mesures acoustiques réalisées dans plusieurs cinémas belges ont permis de constater des niveaux sonores de valeurs maximales entre 85 et 100 dBA. En 2013-2014, des restrictions ont été imposées, mais seulement dans le cadre de la législation flamande en matière d'environnement. Ces restrictions s'appliquent aux cinémas (maximum 87 dBA pour les films destinés aux enfants, 95 dBA pour les autres films) et aux activités musicales (85 dBA, avec une exception fixée à 100 dBA). En ce qui concerne les lecteurs individuels de musique: Jusqu'il y a peu, le niveau sonore n'était soumis à aucune restriction: les lecteurs de musique digitaux pouvaient de ce fait produire un niveau sonore jusqu'à 120 dBA, un volume largement supérieur à la limite de sécurité pour l'oreille humaine. En 2013 une norme technique limitant à 85 dBA le niveau de bruit moyen est entrée en vigueur. Mais l'utilisateur a toujours la possibilité de relever la limite sonore à 100 dBA. Cette matière relève de la compétence de mon collègue Kris Peeters, qui a la protection des consommateurs dans ses attributions. 2. Compte tenu des volumes sonores élevés auxquels ils sont exposés actuellement, il importe que les adolescents limitent la durée de leur exposition ou utilisent des moyens de protection auditive. Mais ils ne sont pas toujours conscients du risque de dommages auditifs qu'ils courent. Une étude de l'Université d'Anvers montre que seule une petite partie des adolescents se sert de protections auditives même quand il y a des signes d'un dommage auditif. Il est donc impératif de les informer et de les sensibiliser. Même si la prévention en matière de santé est une matière qui, de façon générale, relève de la compétence des Communautés, mon administration et le Conseil supérieur de la santé apportent leur contribution dans ce dossier. Sur son portail internet, mon administration, le SPF Santé publique donne des informations à la population sur comment se protéger contre les nuisances sonores et les dommages auditifs. En 2007, le Conseil supérieur de la santé a émis l'avis n° 8187 relatif à l'usage des diffuseurs portables de musique digitale (MP3) et au risque de dommages auditifs. Récemment, j'ai demandé au CSS une actualisation et extension du champ de cet avis.

 
Desc. Eurovoc principalPOLITIQUE DE LA SANTE
Descripteurs EurovocPOLITIQUE DE LA SANTE | SANTE PUBLIQUE | BRUIT