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Question et réponse écrite n° : 0439 - Législature : 54


Auteur Hans Bonte, SP.A
Département Secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté, à l'Égalité des chances, aux Personnes handicapées, et à la Politique scientifique, chargée des Grandes Villes, adjointe au ministre des Finances
Sous-département Lutte contre la pauvreté,Égalité des chances,Personnes handicapées, Politique scientifique
Titre Les moyens destinés au plan Canal.
Date de dépôt29/12/2016
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai10/02/2017

 
Question

En février 2016, le gouvernement fédéral a lancé le plan Canal, consistant à intensifier les efforts déployés en matière policière et judiciaire dans sept communes buxelloises et la commune flamande de Vilvorde. La lutte contre l'économie illégale, la criminalité organisée et le radicalisme s'inscrit également dans le cadre de ce plan. Bref, le plan Canal vise principalement à lutter contre différentes formes de criminalité sur la base d'une approche répressive. Un plan efficace et durable doit toutefois également reposer sur une approche curative et préventive, sous peine de se limiter au traitement des symptômes. Les communes concernées par le plan Canal ont plus que jamais besoin d'initiatives constructives et d'investissements sociaux. D'où l'importance de la mise en oeuvre d'autres mesures préventives concrètes dans les communes concernées par le plan Canal. 1. Convenez-vous que la lutte contre le radicalisme et le terrorisme ne peut reposer sur une approche purement répressive, mais qu'une approche préventive et des investissements supplémentaires dans les domaines de l'égalité des chances, de la lutte contre la pauvreté et de la politique des villes sont également essentiels? 2. Avez-vous été associé à l'élaboration du plan Canal et des consultations ont-elles été menées depuis l'approbation du plan? Avez-vous, dans le cadre de vos compétences, été associé à d'autres initiatives coordonnées visant à lutter contre tous les aspects de ce problème? 3. Quels efforts supplémentaires avez-vous fournis dans le cadre de vos compétences dans les communes concernées depuis le lancement du plan Canal en février 2016? Pouvez-vous, en particulier, indiquer, pour chaque commune concernée: a) les nouvelles initiatives qui ont été prises; b) les initiatives existantes qui ont été étendues; c) les efforts qui ont été déployés sur les plan budgétaire et matériel; d) les efforts supplémentaires qui ont été déployés sur le plan des effectifs? 4. Pouvez-vous indiquer, pour chaque commune concernée, si des projets ont été interrompus et si des initiatives ou des engagements budgétaires ont été annulés durant cette période? 


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B105
Date publication 10/02/2017, 20162017
Réponse

Je partage bien entendu votre avis selon lequel prévenir vaut mieux que guérir. Ce n'est qu'une question de bon sens. C'est aussi la raison pour laquelle je déplore vraiment qu'au cours de la décennie écoulée, ce bon sens ait été absent dans certaines communes bruxelloises et au niveau de la Région de Bruxelles-capitale et qu'on n'ait pas du tout assez investi dans une approche efficiente et effective pour prévenir les problèmes qui s'accentuent. Confronté aux graves conséquences de ce manque de politique préventive à l'échelle locale, qui s'est fait sentir de nombreuses années, le Gouvernement fédéral a élaboré le plan Canal. En tant que secrétaire d'État à la Lutte contre la pauvreté, à l'Égalité des chances, aux Personnes handicapées, à la Politique des grandes villes et à la Politique scientifique, je n'ai pas participé à l'élaboration de ce plan, pas plus qu'à sa mise en oeuvre. Compte tenu de mes compétences, de la nature du plan et des mesures spécifiques, cela ne me semble pas non plus nécessaire. Le plan Canal signifie-t-il qu'aujourd'hui, on a seulement besoin de répression? Bien sûr que non. La prévention est et reste importante. En passant tout d'abord par les autorités locales et régionales, qui abritent les principaux leviers pour une politique préventive, mais aussi par l'intermédiaire de l'autorité fédérale, qui peut stimuler et soutenir des initiatives de prévention. Je songe par exemple à des initiatives comme la déclaration des bourgmestres contre la pauvreté infantile, que vous avez cosignée en votre qualité de bourgmestre de Vilvorde. Les bourgmestres s'engagent à contribuer à la lutte contre la pauvreté infantile en améliorant l'accès à des moyens adéquats, en fournissant des services abordables et de qualité, et en promouvant le droit des enfants à la participation. J'incite tous les bourgmestres, y compris ceux de Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Gilles et Anderlecht - qui n'ont pas encore signé -, à signer la déclaration et à la mettre en oeuvre. Une autre initiative que je soutiens aussi en 2017, et qui s'inscrit certainement dans une politique préventive, est 'Les enfants d'abord', les soi-disant plateformes de concertation locales pour la prévention et la détection de la pauvreté infantile. Ces plateformes doivent inciter les CPAS et associations concernées à lutter de manière proactive contre la pauvreté infantile et à promouvoir le bien-être des enfants. Dans la foulée des initiatives et dynamiques locales actuelles, les plateformes de concertation font véritablement oeuvre de pionnier dans la lutte contre la pauvreté infantile.  Ces plateformes organisent une concertation et une collaboration avec un large spectre d'acteurs locaux comme des écoles, des crèches, des associations de lutte contre la pauvreté et des associations sportives, afin de détecter des situations problématiques, mettre sur pied une aide concrète aux enfants et, si nécessaire, sensibiliser. L'objectif est de centraliser l'offre et d'éviter ainsi de faire deux fois le même travail et 'travailler en parallèle'. Les moyens disponibles sont, de cette manière, utilisés de la manière la plus efficace possible. Malheureusement, une plateforme de concertation locale n'est aujourd'hui active que dans le fonctionnement des CPAS de Bruxelles-ville, Schaerbeek et Saint-Gilles. Dans les autres communes impliquées dans le plan Canal, ce n'est pas le cas. Enfin, il y a encore MIRIAM. Ce projet soutenu par mes soins est une collaboration entre le Conseil des femmes, le SPP Intégration sociale et la Haute École Charlemagne, centrée sur l'empowerment des mères isolées qui bénéficient d'un revenu d'intégration. On s'efforce, par un accompagnement holistique intensif et sensible au genre, d'améliorer l'intégration socioprofessionnelle des mères isolées, de briser la pauvreté et de réduire l' isolement de ces mères.   Un des objectifs du projet est de développer une approche qui, à terme, pourra aussi être déployée dans d'autres CPAS.  Une mesure d'incidence examine les résultats de l'accompagement intensif en matière d'empowerment des mères isolées. La coordination du projet est entre les mains du Conseil des femmes. Dans 5 CPAS belges (Charleroi, Namur, Molenbeek-Saint-Jean, Leuven et Gand), un casemanager encadre une dizaine de mères isolées, individuellement et en groupe. Il est travaillé à l'orientation, la participation, l'information, la consolidation du réseau, et à des aspects comme la confiance en soi et l'image de soi.

 
Descripteurs EurovocCOMMUNE | EGALITE DE TRAITEMENT | INVESTISSEMENT | PAUVRETE | REGION DE BRUXELLES-CAPITALE | LUTTE CONTRE LA DELINQUANCE | CRIMINALITE | EXTREMISME