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Question et réponse écrite n° : 0435 - Législature : 54


Auteur Denis Ducarme, MR
Département Ministre de l'Énergie, de l'Environnement et du Développement durable
Sous-département Énergie, Environnement et Développement durable
Titre Étude de l'institut de recherche Climate Analytics.
Date de dépôt22/02/2017
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai24/03/2017

 
Question

L'étude de l'institut de recherche Climate Analytics préconise de fermer d'ici 2030 les 300 centrales à charbon installées sur le territoire de l'Union européenne. Leur argument principal étant que si les centrales à charbon existantes continuent à être exploitées pendant toute leur durée de vie, l'Union dépassera de 85 % son budget carbone. 1. Pouvez-vous confirmer cette analyse, qui remet directement en cause la pertinence de la construction entamée ou prévue des 11 centrales à charbon dans l'Union européenne? 2. Le cas de l'Allemagne et de la Pologne, qui possèdent la moitié du parc de centrales à charbon, est particulièrement crucial. Quelle est la situation de notre pays?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B108
Date publication 03/03/2017, 20162017
Réponse

Climate Analytics est un institut réputé, qui publie des analyses reconnues. Le message que ce rapport délivre est pertinent: bien qu'il ne s'agisse évidemment pas de l'unique levier pour atteindre nos objectifs climatiques, la réduction des émissions de gaz à effet de serre issues de la production d'électricité est un levier essentiel dans la lutte contre le changement climatique. La feuille de route vers une économie bas carbone de la Commission européenne indiquait déjà en 2011, comme plusieurs autres études, que la production d'électricité ne devra presque plus émettre de gaz à effet de serre à l'horizon 2050, étant donné qu'il s'agit du secteur qui est le plus facile à décarboniser. En Europe, 300 centrales au charbon sont encore actives. Ces centrales sont effectivement situées principalement en Allemagne et en Pologne, mais certaines ont également été construites ces dix dernières années aux Pays-Bas et en Italie. Aucune d'entre elles ne se trouve sur le sol belge. Notre pays fait en effet partie des sept pays européens (avec le Luxembourg, Malte, Chypre, l'Estonie, la Lituanie et la Lettonie) ne produisant plus d'électricité à partir du charbon. De nombreux pays sont par ailleurs en train d'éliminer les centrales au charbon, pas nécessairement en raison de leurs objectifs climatiques (l'amélioration de la qualité de l'air est un autre motif important), mais avec néanmoins un impact positif sur les émissions de gaz à effet de serre. En Allemagne, la question fait toujours débat et est assez sensible. L'Allemagne dispose d'un plan climat ambitieux à l'horizon 2050, qui ne mentionne toutefois aucune date pour la sortie du charbon. La ministre de l'environnement allemande, Barbara Hendricks, a néanmoins récemment annoncé que pour atteindre ses objectifs l'Allemagne devra fermer la moitié de ses centrales au charbon d'ici 2030, et que leur plan à long terme signifie l'arrêt en 2050 de toutes ces centrales. La question est également d'importance en Pologne, où le charbon occupe une place très importante dans le mix énergétique. Bien que beaucoup de personnes soient employées dans le secteur du charbon, ce secteur fait toutefois de plus en plus parler de lui en raison de ses impacts très importants sur le climat et la santé publique en Pologne. Le nouveau plan énergétique polonais accordera la priorité à la sécurité énergétique, mais dans un contexte où le pays doit fortement réduire ses émissions et où les investissements dans l'efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables voient leur coût fortement décroître, le pays devrait continuer sa décarbonisation progressive. La détermination du mix énergétique utilisé dans chaque pays relève formellement de la compétence nationale des États Membres de l'UE, mais certaines politiques européennes jouent (et joueront) un rôle important pour promouvoir et faciliter la transition vers des méthodes de production électrique moins intensives en carbone. Cela inclut par exemple le système européen d'échange de droits d'émissions (EU ETS, dont la réforme est actuellement en débat au Parlement européen) ou la directive européenne sur la promotion des sources d'énergie renouvelable (qui devrait être finalisée dans les années à venir). Au niveau européen, la Belgique plaide également pour que les fonds européens (en particulier ceux prévus dans le cadre de l'ETS) ne soient pas utilisés pour subsidier le charbon. Même si la Belgique n'utilise plus de charbon pour produire de l'électricité sur son territoire, elle fait néanmoins face au défi d'opérer sa transition vers une société bas-carbone, comme elle s'y est engagée au niveau international (Accord de Paris) et européen (Energy Union). Les discussions en cours entre le fédéral et les régions visant à adopter une vision et un pacte énergétique - en lien avec le développement d'un plan national intégré énergie-climat dans le cadre de l'Union de l'Énergie européenne - s'inscrivent dans cet objectif.

 
Descripteurs EurovocPOLITIQUE DE L'ENVIRONNEMENT | POLITIQUE ENERGETIQUE | UNION EUROPEENNE | CHARBON | CHANGEMENT CLIMATIQUE | REDUCTION DES EMISSIONS DE GAZ