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Bulletin n° : B116 - Question et réponse écrite n° : 1468 - Législature : 54


Auteur Jean-Marc Nollet, Ecolo-Groen
Département Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique
Sous-département Affaires sociales et Santé publique
Titre La maladie de Lyme.
Date de dépôt22/03/2017
Langue F
Publication question     B116
Date publication 05/05/2017, 20162017
Statut questionRéponses reçues
Date de délai24/04/2017

 
Question

En France, un plan national de lutte a été mis en place contre la maladie de Lyme et les autres maladies vectorielles transmises par la tique. 1. Quelle est votre analyse politique de ce plan? 2. Combien de personnes sont concernées dans notre pays par la maladie de Lyme? Possédez-vous des chiffres pour chaque Région du pays et leur évolution sur les cinq dernières années (si possible sur les dix dernières années)? 3. Quelles mesures avez-vous prises dans notre pays afin: a) de renforcer la surveillance de ce phénomène; b) d'améliorer, en lien avec les entités fédérées, la prévention en la matière; c) d'améliorer la prise en charge de cette maladie; d) d'améliorer les tests diagnostics en la matière?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B125
Date publication 14/07/2017, 20162017
Réponse

1. Le plan français de lutte contre la maladie de Lyme correspond à la situation spécifique de la France. En Belgique, beaucoup d'actions sont déjà en cours. Nous disposons des systèmes de surveillance nécessaires au suivi épidémiologique de la maladie, ainsi qu'un système de recueil pour les zones à risque de tiques (TiquesNet). Nous disposons également de recommandations, émises par un groupe d'experts, pour le diagnostic et la prise en charge médicale des patients. D'autre parts, les aspects diagnostiques bénéficient, depuis 2011, de l'expertise d'un Centre National de Référence (CNR) pour Borrelia (consortium UCL-UZ Leuven), bénéficiant d'un support financier de l'INAMI (arrêté royal du 9 février 2011). Le CNR a la charge de suivre les innovations et d'identifier tout test qui pourrait avoir une valeur ajoutée dans la mise au point diagnostique. Les autorités se concertent dans le cadre d'un groupe de travail ayant reçu mandat de la Conférence interministérielle Santé-Environnement, notamment sur l'élaboration d'un plan de prévention et de lutte contre les tiques. Des recherches complémentaires sont en cours en matière par exemple de la contamination des tiques et de la persistance de plaintes chez des patients ayant eu un diagnostic de borréliose de Lyme (projet HUMTICK). 2. La surveillance de la borréliose de Lyme en Belgique est assurée par l'Institut scientifique de Santé publique (WIV-ISP). L'objectif de la surveillance est de suivre des tendances au cours du temps et de décrire les caractéristiques de cas. Puisqu'elle n'est pas exhaustive, elle ne permet pas de donner un nombre total de personnes concernées. La surveillance par un réseau de médecins vigies permet toutefois d'estimer le nombre de personnes qui consultent un médecin généraliste pour un érythème migrant, la manifestation clinique la plus fréquente de la maladie (70 à 90 % des cas en Europe). D'autres sources complémentaires d'information sont le réseau des laboratoires vigies, qui permet de suivre la tendance des résultats sérologiques positifs, et les données sur le nombre de personnes hospitalisées avec un diagnostic de borréliose de Lyme, pour suivre la tendance de la sévérité. L'étude prospective réalisée par le réseau de médecins vigies en 2015 rapporte que l'incidence de consultation pour un érythème migrant en Wallonie était de 10.8 (IC95 % 7.7-14.9) par 10 000 personnes, 10.4 (IC95 % 8.6-12.6) par 10 000 personnes en Flandre et 8.9 (IC95 % 5.0-14.6) par 10 000 personnes à Bruxelles. Comparé aux études antérieures (2003-2004 et 2008-2009), l'incidence de consultation pour une morsure de tique en Belgique a diminué significativement et l'incidence de consultation pour érythème migrant n'a pas augmenté de façon statistiquement significative. Malgré des fluctuations annuelles, le nombre de résultats sérologiques pour Borrelia burgdorferi s.l. rapportés par les laboratoires vigies restait globalement stable au cours de la période 2000 à 2012 (Figure 1). En 2013 et 2014, une nette augmentation du nombre de résultats positifs rapportés a été observée, et ce dans les trois régions. Cette hausse correspond à une augmentation du nombre de tests sérologiques réalisés ces deux années-là, notamment suite à l'attention plus grande pour la maladie chez les médecins et les médias. En 2015 et 2016, le nombre de résultats a globalement retrouvé le niveau des années antérieures, excepté à Bruxelles, où le nombre de résultats positifs reste plus élevé. De 2004 à 2013 (dernières données disponibles), entre 200 et 300 personnes par an ont été hospitalisées avec un diagnostic de borréliose de Lyme en Belgique (Figure 2), avec une légère tendance à la hausse en Flandre. Globalement, nous n'observons pas de tendance à l'augmentation de la borréliose de Lyme en Belgique à ce jour. Les annexes jointes à la réponse à cette question ont été transmises directement à l'honorable membre. Étant donné leur caractère de pure documentation, il n'y a pas lieu de les insérer au Bulletin des Questions et Réponses, mais elles peuvent être consultées au greffe de la Chambre des représentants (service des Questions parlementaires). 3. a) Depuis 2015, l'érythème migrant fait à nouveau partie des pathologies rapportées par le réseau de médecins vigies, et ce aussi longtemps que nécessaire (au minimum 3 ans). Une étude sur le taux d'infection des tiques en Belgique avec Borrelia burgdorferi s.l. (ainsi que d'autres pathogènes transmis par les tiques) va démarrer au mois d'avril 2017, coordonnée par le WIV-ISP, avec le soutien financier des communautés et en collaboration avec le CODA-CERVA et le RIVM (Pays-Bas). b) Le site internet TiquesNet (www.tiquesnet.be) de l'ISP, lancé en juin 2015, répertorie les zones les plus à risque pour les morsures de tiques en Belgique, basé sur un enregistrement des morsures encourues par les citoyens, renseignant ainsi les personnes potentiellement exposées aux tiques sur la période et les zones d'activité des tiques de façon à prendre les mesures de prévention adaptées. La Flandre planifie une campagne de sensibilisation sur les tiques et la borréliose de Lyme pour le grand public et les groupes à risque au cours des années 2017-2018. c) Fin 2016, la recommandation scientifique sur le diagnostic et le traitement de la borréliose de Lyme, élaborée par un groupe de travail d'infectiologues, microbiologistes, médecins généralistes et épidémiologistes sous la coordination de BAPCOC (Commission belge de coordination de la politique antibiotique) a été actualisée et diffusée une nouvelle fois auprès des professionnels de santé avec la participation des associations de médecins généralistes et spécialistes. d) Actuellement, des tests sérologiques de 3e/4e génération sont utilisés. Dans le cadre des activités du CNR Borrelia, celui-ci participe à des contrôles de qualité externe pour évaluer la performance des kits utilisés, ainsi qu'à l'évaluation de certains nouveaux kits sérologiques ou de PCR mis sur le marché. Le laboratoire de UZ Leuven étudie également l'utilisation du marqueur immunologique CXL13 pour apporter une aide au diagnostic d'une neuroborréliose précoce.

 
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